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15/08/2015 05:02 EDT | Actualisé 15/08/2016 01:12 EDT

Visite des ministres japonais au sanctuaire Yasukuni : "vif mécontentement" de Pékin

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé samedi le "vif mécontentement" de Pékin après la visite de trois ministres japonais au sanctuaire patriotique Yasukuni à Tokyo, le jour de la commémoration de la capitulation du Japon en 1945.

"Des hommes politiques japonais ont choisi ce jour-là pour se rendre au sanctuaire, qui honore des criminiels de guerre de +première classe+ et glorifie une guerre d'agression" (menée par le Japon, ndlr), a déclaré le ministère dans un communiqué.

"Cela démontre une fois de plus la position erronée du Japon sur les questions historiques", ajoute Pékin. "La Chine exprime son opposition résolue et son vif mécontentement" après la visite des ministres japonais dans ce lieu de culte shintoïste perçu par la Chine et la Corée du Sud comme le symbole du passé colonialiste de l'archipel.

Cette visite, à l'occasion 70ème anniversaire de la capitulation du Japon le 15 août 1945, survient au lendemain d'une nouvelle déclaration du Premier ministre japonais Shinzo Abe sur la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle il a exprimé ses "condoléances éternelles" pour les victimes de la guerre et qualifié d'"inébranlables" les excuses passées du Japon pour ses actes, en particulier sur le continent asiatique.

Le Premier ministre de droite, dont les paroles étaient très attendues en Chine et dans les deux Corées, a aussi appelé à exempter dorénavant d'excuses les générations d'après-guerre, provoquant l'ire de Pékin et Pyongyang.

L'expansion militaire du Japon entre 1910 et 1945 continue à empoisonner ses relations avec ses voisins asiatiques, qui décortiquent à chaque anniversaire les propos et gestes des politiques japonais.

Les visites d'hommes politiques japonais au sanctuaire Yasukuni suscitent régulièrement la colère de ses voisins qui y voient une insulte et une réminiscence douloureuse de l'histoire du Japon.

Le sanctuaire honore quelque 2,5 millions de morts, vistimes des conflits de l'histoire, mais la polémique est née après l'inscription en secret en 1978 des noms de 14 Japonais condamnés comme criminels de guerre par les Alliés après la capitulation du Japon le 15 août 1945.

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