NOUVELLES
15/08/2015 11:18 EDT | Actualisé 15/08/2016 01:12 EDT

La Turquie, préoccupée par les combattants kurdes syriens, ne les cible pas (responsable turc)

La Turquie est préoccupée par l'avancée de la branche armée du parti kurde syrien dans le nord de la Syrie, mais les Kurdes de Syrie ne sont pas une "cible" dans sa guerre contre le terrorisme, a déclaré samedi un responsable turc.

"Le PYD (parti de l'Union démocratique kurde, ndlr) ne figure pas parmi nos cibles. Nous n'attaquerons pas le PYD tant qu'il n'attaquera pas la Turquie", a dit le responsable turc, sous couvert de l'anonymat, au cours d'une rencontre avec des journalistes.

Selon lui, le PYD a toutefois des "liens très étroits" avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdes de Turquie), un groupe inscrit sur la liste des "organisations terroristes" par la Turquie. Déclenché en 1984, le conflit entre le PKK et Ankara a depuis causé la mort de 40.000 personnes.

A la suite d'un attentat suicide à Suruç (sud) qui a provoqué la mort de 33 personnes et a été attribué à l'organisation Etat islamique (EI), la Turquie s'est lancée le 24 juillet dans une "guerre contre le terrorisme" sur deux fronts, visant simultanément les rebelles du PKK et les jihadistes de l'EI, le long de sa frontière avec l'Irak et la Syrie.

Toutefois, Ankara continue de se méfier du PYD, accusant ce parti d'être proche du régime de Bachar al-Assad. Des doutes dont la Turquie a fait part aux Etats-Unis, avec lesquels elle est alliée au sein de l'Otan et elle a décidé de la mise en place d'une zone de protection débarrassée des jihadistes de l'EI en Syrie.

La Turquie poursuit par ailleurs ses coups de filets contre des membres présumés de l'EI et du PKK : au moins 84 personnes ont été arrêtées dans plusieurs provinces turques dont celles d'Istanbul, de Mardin et de Gaziantep (sud-est), ainsi que de Van (est), a annoncé samedi l'agence de presse proche du gouvernement Anatolie.

La police turque a en outre saisi un grand nombre d'explosifs, de kalachnikovs et de lance-roquettes, a ajouté Anatolie.

Plus de 2.500 personnes soupçonnées d'être membres du PKK, de l'EI ou d'un groupe marxiste (DHKP-C) ont été arrêtées depuis le début de ces opérations en Turquie, et plus de 600 d'entre elles sont actuellement détenues, a déclaré samedi un responsable du gouvernement turc.

La rébellion kurde, qui a unilatéralement rompu un cessez-le-feu en vigueur depuis 2013, riposte quant à elle depuis plusieurs semaines à l'offensive turque.

Selon un bilan provisoire, 39 membres des forces de sécurité turques ont été tués depuis le 20 juillet dans ces attaques attribuées au PKK, a annoncé le même responsable.

sjw-dg-bat/bds