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15/08/2015 09:45 EDT | Actualisé 15/08/2015 09:48 EDT

La Terre vit à crédit depuis jeudi (VIDÉO)

Nous avons consommé en moins de huit mois toutes les ressources renouvelables que la planète peut produire en un an, selon l'ONG Global Footprint Network. Et les choses empirent d'année en année.

Le « jour du dépassement » tombe le 13 août cette année. Il s'agit de la date symbolique à laquelle notre consommation de ressources excède la capacité annuelle de la planète à les renouveler. En 1990, c'était le 13 octobre, mais en 1971, ce n'était que le 23 décembre.

L'empreinte écologique est un outil créé par Global Footprint Network en 1970 pour mesurer l'impact des humains sur la nature. Pour faire ses calculs, l'ONG compare la demande humaine en ressources naturelles avec la capacité de la nature à reconstituer ses ressources et à absorber ses déchets, dont les émissions de gaz carbonique (CO2).

Il faudrait 1,6 planète pour répondre aux besoins actuels de l'humanité, selon l'ONG.

L'empreinte écologique de chacun

L'empreinte écologique mesure en hectares la surface de la planète requise pour produire les ressources consommées et pour absorber les déchets produits. Cette surface productive comprend les forêts, les terres agricoles, les pâturages, l'eau potable et les ressources des océans.

Ainsi, selon les calculs de Global Footprint Network, il y avait 12 milliards d'hectares de terres et d'eaux biologiquement productives en 2011 pour 7 milliards d'habitants.

Hectare global : hectare de terre ayant la capacité de fournir des ressources et d'absorber des déchets à un volume correspondant à la moyenne mondiale.

Pour connaître la capacité biologique disponible pour chaque habitant, il suffit de diviser le nombre d'hectares par le nombre d'habitants. Ainsi pour 2011, elle était évaluée à 1,7 hectare global par personne. Donc, d'après ce calcul, la planète arrive à nous faire vivre pourvu que l'empreinte écologique de chacun ne dépasse pas 1,7 hectare global.

En 2015, l'empreinte écologique se chiffre à 2,6 hectares globaux par habitant. Cela signifie que nous consommons beaucoup plus de ressources que la planète peut en fournir, et que nous produisons beaucoup plus de déchets qu'elle peut en absorber.

« Si chacun avait le même mode de vie qu'un Américain moyen, la population mondiale aurait besoin de 5 planètes bioproductives afin de nourrir, habiller et héberger chacun d'entre nous. »

— WWF Canada

L'importance de la conférence de Paris

L'ONG met beaucoup d'espoir dans les négociations qui se tiendront lors de la conférence de Paris sur le climat en décembre prochain. « Nous n'insisterons jamais assez sur l'importance vitale de réduire l'empreinte carbone, au moment où les nations s'apprêtent à prendre des engagements à Paris », fait valoir Global Footprint Network.

« Réduire les émissions de carbone permettrait non seulement de ralentir le réchauffement du climat, mais aussi de réduire l'empreinte écologique à l'échelle mondiale. »

— Global Footprint Network

L'ONG prédit qu'en 2030, si les émissions de CO2 ne diminuent pas, la population aura épuisé le « budget écologique » dès le 28 juin. Par contre, si on arrive à réduire les émissions de C02 de 30 % par rapport à leur niveau actuel, le jour de dépassement sera plutôt le 16 septembre.

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