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14/08/2015 22:13 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Japon: deux ministres visitent le sanctuaire Yasukuni, qui honore des criminels de guerre

Deux ministres du gouvernement du Premier ministre nationaliste japonais Shinzo Abe se sont rendues samedi au sanctuaire Yasukuni, qui honore à Tokyo des soldats morts au combat mais aussi des criminels de guerre, a constaté une journaliste de l'AFP.

Haruko Arimura, ministre chargée des questions féminines, est entrée peu avant 10H00 locales (01H00 GMT) dans ce sanctuaire situé en plein centre de Tokyo, tandis que des dizaines d'autres politiciens y étaient attendus pour le 70e anniversaire de la capitulation du Japon.

Elle a été suivie une demi-heure plus tard par sa collègue Sanae Takaichi, ministre des Affaires intérieures et de la Communication. Toutes deux sont des visiteuses assidues de Yasukuni.

"Alors que 70 ans ont passé, je suis venue rendre hommage à ceux qui se sont sacrifiés pour leur pays" et "j'ai prié pour que soient poursuivis les efforts en faveur de la paix au Japon et dans le monde", a déclaré Mme Arimura aux journalistes.

M. Abe lui-même ne se rendra pas samedi dans ce lieu de culte shintoïste, perçu par la Chine et la Corée du Sud comme le symbole du passé colonialiste de l'archipel, mais il y a fait parvenir une offrande rituelle, ont rapporté les médias japonais. Sa visite fin 2013 avait déclenché la colère de Pékin et Séoul et lui avait valu des remontrances de Washington.

Quelque 2,5 millions de morts sont honorés au sanctuaire, mais la polémique est née après l'inscription en secret en 1978 des noms de 14 Japonais condamnés comme criminels de guerre par les Alliés après la capitulation du Japon le 15 août 1945.

Plus tard samedi, l'empereur Akihito prononcera un discours en présence du chef du gouvernement et de ministres dans un autre lieu non loin du sanctuaire, appelé Budokan. Akihito ne s'est lui jamais rendu au sanctuaire de Yasukuni.

Il y a 70 ans, son père Hirohito avait stupéfait ses sujets en s'exprimant pour la première fois à la radio pour annoncer la reddition de son pays, quelques jours après les bombardements atomiques de Hiroshima (6 août) et Nagasaki (9 août).

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