DIVERTISSEMENT
15/08/2015 10:54 EDT | Actualisé 15/08/2015 11:22 EDT

ÎleSoniq : la grosse machine de deadmau5 puis la folie contagieuse de DJ Snake (PHOTOS)

Sonia Recchia via Getty Images
TORONTO, ON - AUGUST 01: Deadmau5 performs at the 2015 VELD Music Festival at Downsview Park on August 1, 2015 in Toronto, Canada. (Photo by Sonia Recchia/WireImage)

Vendredi matin, les orages ont menacé la ville de Montréal et du coup le festival ÎleSoniq. Finalement, en début d’après-midi, le ciel s’est calmé et le sol a pu boire toute cette eau tombée de manière sporadique depuis quelques jours. Au parc Jean-Drapeau, il faisait chaud et humide, mais rien pour gâcher la journée aux milliers de jeunes amateurs de musique électronique. Non loin des champignons géants colorés, le DJ et producteur canadien deadmau5 a pu livrer son tout nouveau spectacle. Et là-bas, dans la forêt, DJ Snake a pu prendre le plein contrôle du plancher de danse.

À 21 h 40, la supervedette canadienne au casque de souris a envoyé les premiers sons de sa house progressive et techno minimale. À vrai dire, il a commencé en douceur avec un morceau de son album While(1<2), paru l’an dernier. Ce qui nous a frappés d’entrée de jeu n’est pas la musique, mais plutôt l’énorme structure sphérique dans laquelle est incrustée une plus petite boule argentée et métallique. Le tout est agrémenté de multiples sources d’éclairage qui produisent différentes couleurs (violet, rouge, blanc), selon les besoins de la mise en scène.

Quant au trentenaire Joel Zimmerman, alias deadmau5, il est apparu quelques minutes plus tard au centre de cette proposition futuriste réussie : de gros yeux lumineux au centre d’une tête de souris robotique à la Mickey Mouse (d’ailleurs, la direction de Disney n’appréciait pas trop la ressemblance avec son légendaire personnage). L’effet visuel est top.

Quant à la musique, c’est la grande classe, mais quelque chose semblait parfois manquer pour convaincre pleinement les spectateurs (foule de 15 000 personnes, peut-être). C’est que le travail relativement avant-gardiste de deadmau5 n’est pas nécessairement fait pour s’éclater. À commencer par le matériel de son septième et dernier album studio intitulé While(1<2), qui propose 25 morceaux d’une musique plus transe que techno dansante. Certains qualifiant même ce respecté encodé d’expérimental et mélancolique.

Mais bon, devant ses machines, deadmau5 disposait amplement de ressources afin d’offrir un bon spectacle. La house-pop n’étant jamais très loin, il a réussi à faire danser bien du monde quand même. Difficile de reconnaître toutes les pièces lors du concert, mais soulignons Faxing Berlin, Arguru et la techno Ghosts 'n' Stuff (2008), qui a évidemment ravi les gens.

Nous avons consacré environ 40 minutes au spectacle de deadmau5. Voici ce que nous en avons retenu : mature, contemplatif, intelligent, passages technos accrocheurs, atmosphérique, texturé, varié, grosse production, ambitieux, peut-être même un peu trop ambitieux pour ce genre de festival.

Le serpent dans la forêt

Il faut admettre que les programmateurs du festival ont vu juste quand ils ont choisi de mettre le prolifique compositeur et producteur DJ Snake sur la scène La Vie Bud Light, exactement à la même heure que le concert de deadmau5. Pourquoi ? Cette autre tête d’affiche offrait le complément parfait à la proposition plus raffinée de deadmau5. Son spectacle Pardon My French est un véritable feu roulant. Le Parisien n’avait qu’une vitesse vendredi soir : dans le tapis. Et visiblement, son travail a énormément plu aux quelques milliers de personnes entassées sur ce grand dance floor caoutchouteux sur lequel tout le monde ne pouvait trouver sa place. Pas grave, un peu de boue n’a jamais tué personne.

L’auteur des succès You Know You Like It (remix du morceau d’AlunaGeorge), Lean On (en collaboration avec Major Lazer), Get Low (produite avec Dillon Francis) ou encore la bombe Turn Down for What (sa voix était bonifiée d’une ligne de guitare du groupe Oasis) a créé toute une ambiance dans cette forêt située à environ 10 minutes de marche (gros max) de la scène principale. Des corps partout bougeaient sur des morceaux très variés (trap, hip-hop, dance, voire quelques courts passages de reggae !), mais toujours vitaminés.

Si on ajoute les nombreuses interventions parlées (disons plutôt des cris du genre « Let me see your hands up ! » ou encore « Vous êtes fatigués ou quoi !?! »), les rugissements des canons à fumée et les explosions de confettis, on peut dire que les spectateurs ont eu l’occasion de lâcher leur fou. Délire contagieux et foutrement efficace.

Kaskade

Plus tôt durant la journée, le producteur et DJ américain Kaskade a aussi balancé sa quantité de confettis (sans oublier l’utilisation d’engins pyrotechniques) au visage des festivaliers présent devant la scène Oasis Fido, entre 20 h et 21 h. Son travail somme toute assez épuré et mélodique (hormis la basse bien présente et les finales parfois explosives) a mis la table pour deadmau5, qui jouait après lui. Outre son matériel plus récent (le gars de 44 ans a produit une douzaine d’albums, dont I Remember, en 2014), on a entendu certains morceaux (dont Steppin' Out et Yeah Right) de son respecté In The Moment, paru en 2004. Il a aussi partagé une nouvelle pièce, We Don’t Stop, sortie au printemps.

Die Antwoord

À 19 h, la formation de l’Afrique du Sud, Die Antwoord, a certainement fait jaser. Les MC Ninja (qui a l’air d’un reclus d’une secte étrange ou encore d’un ancien prisonnier) et Yolandi Visser (chanteuse à la voix enfantine et aigüe très particulière) ainsi que le DJ Hi-Tek (beau torse !) ont offert ce qu’on attend d’eux : prestation travaillée, déjantée et extrêmement originale. Nous avons eu un moment d’hésitation quand sont débarqués sur scène les quelques danseurs vêtus de costumes de nylon colorés, genre personnages d’étranges jeux vidéo asiatiques… Finalement, leurs dynamiques chorégraphies nous ont (presque) fait oublier leur allure !

After party à la SAT

Nous n’avions pas pu assister à la prestation de DJ Pone, sur la scène La Vie Bud Light, à 14 h. Nous avons donc été tentés par l’after party offert à la Société des arts et technologiques (SAT), après la fin du festival ÎleSoniq, qui se termine à 22 h 55. Ancien membre de Birdy Nam Nam, on dit que le Français est un champion des platines. En effet, il est excellent. Superbe set.

Nous voulions aussi assister au travail de Busy P, qui était aussi de la soirée. Ce DJ et compositeur-producteur français du nom de Pedro Winter a notamment fondé label Ed Banger Records, en 2003, qui a eu sous son aile Justice, Uffie, Laurent Garnier et bien d’autres. Winter a même été l’ancien gérant de Daft Punk. ! Bref, ça pique la curiosité. Or, à la fin de la perfo de DJ Pone (il était venu récemment à Montréal dans le cadre des FrancoFolies avec Joey Starr qui, lui, est resté pris à la douane) la nuit commençait drôlement à ressembler au matin… Heure de tombée de cet article oblige… Taxi et maison. Dommage, car le Parisien de 40 ans est un homme hautement respecté dans le milieu de la musique. Une prochaine fois.

Une bière payée avec un bracelet

Et votre bracelet à puce permettant de payer toute consommation sur le site ÎleSoniq, il a bien fonctionné ? Le promoteur evenko veut tester cet outil de plus en plus utilisé dans les grands événements européens et américains… Quelques bornes permettant sa charge (on paye avec comptant, crédit ou débit puis on vous « télécharge » votre montant sur votre bracelet) étaient disposées sur le site. Mais on nous a confirmé que le système a temporairement planté durant la soirée. Pas moyen, donc, de charger son bracelet. Plusieurs festivaliers semblaient également désemparés par rapport à cet outil technologique, mais c’est normal. Ça vaut le coût d’essayer, car quand ça fonctionne bien, la gestion des transactions financières doit être grandement simplifiée. À suivre.

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