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15/08/2015 14:55 EDT | Actualisé 15/08/2016 01:12 EDT

Des Arabes israéliens manifestent pour un détenu palestinien dans le coma

Environ 200 Arabes israéliens ont manifesté samedi en soutien à Mohammed Allan, détenu palestinien tombé vendredi dans le coma après deux mois de grève de la faim.

Des parlementaires ont notamment pris part à ce rassemblement organisé à l'initiative d'un chef du Mouvement islamique en Israël, le cheikh Raëd Salah, à Wadi Ara, dans le nord de l'Etat hébreu.

Les manifestants ont brandi des pancartes appelant à la libération immédiate de Mohammed Allan et à la fin de sa détention administrative, une mesure qui permet aux autorités israéliennes de le détenir sans inculpation pendant des périodes de six mois renouvelables.

Un autre rassemblement de soutien au détenu palestinien a regroupé samedi quelques dizaines de personnes à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, selon un journaliste de l'AFP.

Comme la manifestation dans le nord d'Israël, il s'est terminé sans incident.

Mohammed Allan, un avocat de 31 ans accusé par Israël d'appartenir au Jihad islamique, mouvement palestinien que l'Etat hébreu considère comme "terroriste", avait été arrêté en novembre et a entamé une grève de la faim le 18 juin pour dénoncer le renouvellement de sa détention administrative, selon le Club des prisonniers, l'organisation palestinienne qui défend les près de 5.700 Palestiniens détenus par Israël.

Vendredi, Mohammed Allan était tombé dans le coma et avait été placé sous respirateur artificiel et sous perfusion d'eau salée par les médecins de l'hôpital d'Ashkelon (sud d'Israël).

Selon un porte-parole de l'hôpital interrogé samedi, ce traitement a été administré en accord avec la famille du détenu, qui va rester sous respiration artificielle au moins jusqu'à dimanche.

Les prisonniers palestiniens entament fréquemment des grèves de la faim pour dénoncer leur détention ou leurs conditions d'emprisonnement.

Mais Israël s'est doté le mois dernier d'une loi controversée autorisant à nourrir de force les grévistes de la faim si leur vie est "en danger". Un moyen, selon les partisans de ce texte, de couper court à ce qu'ils voient comme un "chantage" des prisonniers.

Avant de tomber dans le coma, Mohammed Allan avait quasiment perdu la vue, n'entendait plus que très faiblement et était incapable de se mouvoir, affirment ses partisans. La semaine passée, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) le disait "en danger de mort imminente".

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