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14/08/2015 11:48 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Zimbabwe: le gouvernement veut interdire les licenciements "arbitraires"

Le gouvernement zimbabwéen a déposé un projet de loi vendredi pour interdire les licenciements massifs qui touchent les entreprises publiques et privées du pays suite à une décision rendue par la Cour Suprême le mois dernier.

Le projet de loi du gouvernement vise à modifier le code du travail zimbabwéen pour interdire purement et simplement les licenciements arbitraires.

"Aucun employeur ne pourra mettre fin à un contrat sans un accord mutuel écrit avec l'employé", précise le texte.

Le gouvernement veut également forcer les employeurs souhaitant licencier à le signifier à l'avance au comité d'entreprise ainsi qu'à un organisme gouvernemental.

Cet organisme pourra ensuite déterminer si les licenciements sont justifiés ou non.

Le mois dernier, la Cour Suprême du Zimbabwe avait rendu un arrêt autorisant les employeurs à licencier à condition de donner un préavis de trois mois.

Plusieurs entreprises en proie à de profondes difficultés financières en ont profité pour dégraisser, et parmi elles la radio-télévision nationale Zimbabwe Broadcasting Corporation, qui a licencié 300 personnes jeudi, ou encore l'opérateur téléphonique Econet.

Le Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), principal syndicat du pays, avait appelé à manifester dans la capitale Harare la semaine dernière pour protester contre ces suppressions de postes.

Mais la police zimbabwéenne avait empêché la tenue de la manifestation, arrêtant les leaders syndicaux et trois journalistes qui couvraient l'évènement, avant de les relâcher sans retenir de charge contre eux.

Les syndicats estiment qu'au moins 18.000 emplois ont été supprimés depuis la décision de la Cour Suprême.

L'économie du Zimbabwe est en crise profonde depuis le début des années 2000, après la réforme agraire du président Mugabe, qui a brisé un secteur-clé de l'économie du pays.

Les lois d'indigénisation, qui exigent que la majorité des parts des entreprises soient détenues par des Zimbabwéens, sont également critiquées car elles feraient fuir les investisseurs étrangers.

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