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14/08/2015 12:25 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Turquie: mise en garde du PKK après la mort d'un homme dans le sud

Un responsable du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a menacé vendredi le gouvernement islamo-conservateur turc de "payer le prix fort" s'il continue son offensive contre les Kurdes, au lendemain du décès d'un membre présumé du groupe rebelle à Diyarbakir (sud).

"L'AKP a fait une erreur et va en payer le prix fort", a déclaré à une chaîne kurde Murat Karayilan, leader de la rébellion kurde en l'absence de son chef historique emprisonné, cité par l'agence de presse proche du PKK Firat.

"Nous avons de l'expérience et savons quoi faire", a prévenu ce chef de la rébellion dans le nord de l'Irak, précisant que le PKK, qui "n'a pas encore de plan de guerre", mène pour l'instant "des actions de représailles" contre la Turquie.

Un membre présumé du PKK, âgé de 40 ans, a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'échanges de tirs avec la police à Diyarbakir (ville à majorité kurde) après que des combattants présumés de l'organisation ont ouvert le feu avec des fusils contre la police. Les forces de l'ordre avaient été appelées sur les lieux pour dégager une route.

Un homme, âgé de 29 ans, a été blessé dans ces violences, ont précisé à l'AFP les sources sécuritaires.

En marge des combats, plus de 2.000 personnes ont manifesté dans les rues de Diyarbakir pour contester l'escalade de la violence, a constaté un journaliste de l'AFP.

Depuis qu'Ankara a déclenché le 24 juillet une "guerre contre le terrorisme" visant simultanément le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les combattants du groupe EI, le long de sa frontière avec la Syrie et l'Irak, la Turquie vit une véritable escalade de la violence.

Les dizaines de raids aériens se sont concentrés sur la guérilla kurde et les accrochages sont désormais quotidiens depuis trois semaines entre les forces d'Ankara et les combattants kurdes.

Selon un bilan provisoire de l'AFP, au moins 31 policiers ou militaires turcs ont été tués depuis la rupture du cessez-le-feu, décrété en 2013 entre les rebelles et Ankara, dans des attaques attribuées au PKK.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré vendredi que les opérations contre les rebelles du PKK n'étaient pas "temporaires".

"Vous ne devriez pas penser qu'ils (les rebelles du PKK, Ndlr) sont forts... Ils sont voués à l'échec", a lancé M. Erdogan à ses partisans réunis dans la région de Rize, au bord de la Mer Noire.

Les autorités turques, qui multiplient les coups de filet depuis un mois, ont arrêté plus de 1.700 personnes soupçonnées d'être membres du PKK, d'une organisation marxiste (DHKP-C) ou de l'organisation Etat islamique, selon l'agence progouvernementale Anatolie.

Vendredi, au moins 39 personnes ont été arrêtées dans plusieurs villes de Turquie comme Istanbul, Ankara et Izmir, a précisé l'agence Anatolie.

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