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14/08/2015 13:06 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Rep. Dominicaine/cocaïne : dernier jour du procès impliquant quatre Français

Les quatre Français jugés depuis le 29 mai aux côtés de dix Dominicains dans une affaire de trafic de drogue en République dominicaine, et qui encourent vingt ans de prison, devraient être fixés sur leur sort vendredi.

L'affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana (est) un Falcon-50 avec quatre Français et 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord.

Au cours de la dernière audience annoncée, vendredi, le procureur Milciades Guzman a affirmé que les valises n'étaient "pas passées par l'aéroport".

"Ces valises sont arrivées par un trou percé dans le grillage (ceignant le tarmac) jusqu'à l'avion, en présence des pilotes", a-t-il poursuivi.

Jeudi, en repoussant au lendemain la dernière audience de ce procès riche en reports et en suspensions finalement ouvert le 29 mai, la présidente du tribunal, Giselle Mendez, avait annoncé que les juges délibéreraient le jour-même.

Mercredi, la défense des quatre Français avait demandé leur acquittement.

"Nous demandons l'acquittement des pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret car on ne peut leur imputer aucun fait" illégal, a notamment plaidé Me Maria Elena Gratereaux.

Les deux quinquagénaires, qui comparaissent systématiquement en portant leur chemise blanche de pilote, clament depuis le début de la procédure que s'agissant, selon eux, d'un vol commercial, ils n'avaient pas la responsabilité des bagages chargés à bord de leur avion.

Deux experts en droit aérien français ont témoigné en ce sens à la barre.

- Autres vols suspects -

Selon Me Andy de Leon, défenseur de Nicolas Pisapia, un passager de l'appareil, le ministère public n'a pas non plus été en mesure de prouver que son client connaissait le contenu des valises saisies dans l'avion.

M. Pisapia, 40 ans, présenté par l'accusation comme ayant été le chef de l'opération, devrait prendre la parole une dernière fois vendredi.

Quant au quatrième occupant de l'appareil, l'homme d'affaires Alain Castany, 69 ans, il assure qu'il s'agissait d'un vol commercial, qu'il travaille pour la compagnie ayant affrété l'avion et n'a, lui non plus, aucun lien avec la cargaison de drogue.

Vendredi dernier, le procureur Milciades Guzman avait requis 20 ans de prison à l'encontre des quatre Français et d'un agent de la police antidrogue dominicaine. Il avait ensuite demandé des peines plus légères pour trois autres accusés et l'acquittement des six derniers.

Dans la foulée de l'opération de police du 19 mars 2013, une quarantaine de personnes - agents des douanes, de la police et des services de sécurité aéroportuaires - avaient été arrêtées. La majorité d'entre elles ont été relâchées au fil des mois.

Actuellement jugés en comparution libre, mais interdits de quitter le territoire dominicain, les accusés ont passé 15 mois en détention provisoire dans un quartier de haute sécurité.

En France, une enquête a également été ouverte après l'interception de l'avion en République dominicaine. Mais les gendarmes avaient été mis dès janvier 2013 sur la piste de "comportements suspects" de passagers d'un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt à Saint-Tropez (sud-est).

Le 9 décembre 2012, un douanier en poste à Toulon (sud-est), soupçonné aujourd'hui de complicité, était allé accueillir l'avion, avec à son bord Pascal Fauret, Bruno Odos et Nicolas Pisapia. Il avait fait entrer sur le tarmac deux véhicules qui avaient emporté dix valises déchargées de l'appareil.

Selon l'enquête, deux autres déchargements identiques avaient eu lieu en 2012 et un autre était prévu pour le 18 mars 2013.

Mais la défense des Français a fait feu de tout bois pour que ces faits ne soient pas utilisés par l'accusation dans le procès de Saint-Domingue.

Depuis 2008, au moins trois Françaises ont fait des séjours dans les geôles dominicaines, toutes affirmant que la drogue trouvée dans leurs bagages y avait été introduite à leur insu. Elles ont toutes aujourd'hui recouvré la liberté, après parfois plusieurs années de détention.

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