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14/08/2015 15:33 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Rep. Dominicaine/cocaïne : délibération au procès impliquant quatre Français

Les débats du procès de 14 personnes, dont quatre Français encourant 20 ans de prison en République dominicaine pour trafic de drogues, ont pris fin vendredi et le tribunal s'est retiré pour délibérer.

"Les débats sont officiellement terminés (...) le tribunal se retire pour délibérer", a déclaré à 13H15 locales (17H15 GMT) la présidente du tribunal Giselle Méndez.

L'affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana (est) un Falcon 50 avec quatre Français et 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord.

Vendredi, le procureur Milciades Guzman a affirmé que les valises n'étaient "pas passées par l'aéroport". "Ces valises sont arrivées par un trou percé dans le grillage (ceignant le tarmac) jusqu'à l'avion, en présence des pilotes", a-t-il poursuivi.

Invités à s'exprimer une dernière fois devant leurs juges, les quatre Français ont chacun pris la parole.

"Je veux simplement répéter une fois de plus que je suis innocent (...) Désormais mon destin est entre vos mains", a déclaré en espagnol Nicolas Pisapia, 40 ans, accusé par le procureur d'être le cerveau de l'opération.

Les autres accusés français sont Pascal Fauret et Bruno Odos, les pilotes de l'avion, et Alain Castany, un apporteur d'affaires travaillant avec la compagnie ayant affrété l'appareil.

"Après deux ans, je n'ai entendu que des mensonges dans la bouche du ministère public", s'est quant à lui défendu M. Castany, 69 ans. "J'espère ne pas être condamné pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment", a-t-il ajouté, s'exprimant à l'aide d'un interprète.

M. Odos, 55 ans, a pour sa part affirmé vivre depuis 2013 un cauchemar, regrettant "les horreurs" proférées contre lui pendant le procès et qui entacheront désormais son nom, parce "je suis innocent de tout ce dont on m'accuse".

Enfin, M. Fauret, 56 ans et père de quatre enfants, a évoqué "une triple catastrophe", professionnelle, économique et familiale

Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes ont tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l'avion.

- Autres vols suspects -

Vendredi dernier, le procureur Milciades Guzman avait requis 20 ans de prison à l'encontre des quatre Français et d'un agent de la police antidrogue dominicaine. Il avait ensuite demandé des peines plus légères pour trois autres accusés et l'acquittement des six derniers.

Dans la foulée de l'opération de police du 19 mars 2013, une quarantaine de personnes - agents des douanes, de la police et des services de sécurité aéroportuaires - avaient été arrêtées. La majorité d'entre elles ont été relâchées au fil des mois.

Actuellement jugés en comparution libre, mais interdits de quitter le territoire dominicain, les accusés ont passé 15 mois en détention provisoire dans un quartier de haute sécurité.

En France, une enquête a également été ouverte après l'interception de l'avion en République dominicaine. Mais les gendarmes avaient été mis dès janvier 2013 sur la piste de "comportements suspects" de passagers d'un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt à Saint-Tropez (sud-est).

Le 9 décembre 2012, un douanier en poste à Toulon (sud-est), soupçonné aujourd'hui de complicité, était allé accueillir l'avion, avec à son bord Pascal Fauret, Bruno Odos et Nicolas Pisapia. Il avait fait entrer sur le tarmac deux véhicules qui avaient emporté dix valises déchargées de l'appareil.

Selon l'enquête, deux autres déchargements identiques avaient eu lieu en 2012 et un autre était prévu pour le 18 mars 2013.

Mais la défense des Français a fait feu de tout bois pour que ces faits ne soient pas utilisés par l'accusation dans le procès de Saint-Domingue.

Depuis 2008, au moins trois Françaises ont fait des séjours dans les geôles dominicaines, toutes affirmant que la drogue trouvée dans leurs bagages y avait été introduite à leur insu. Elles ont toutes aujourd'hui recouvré la liberté, après parfois plusieurs années de détention.

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