POLITIQUE
14/08/2015 10:07 EDT | Actualisé 14/08/2015 10:08 EDT

Nigel Wright interrogé durement par l'avocat du sénateur Mike Duffy (VIDÉO)

L'avocat de Mike Duffy s'en est pris vendredi à l'image d'enfant de choeur de l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, pour prouver que l'équipe du premier ministre avait élaboré tout un stratagème pour rembourser les dépenses du sénateur _ un plan que son client n'aurait pas soutenu.

Lors de son contre-interrogatoire, Me Donald Bayne a ainsi tenté d'éloigner M. Duffy des accusations de corruption qui pèsent contre lui. Les questions de l'avocat ont donné lieu à des échanges corsés entre Me Bayne et M. Wright.

Me Bayne a demandé au témoin pourquoi il disait avoir "forcé" M. Duffy à accepter de rembourser ses dépenses lors de son interrogatoire avec la police. M. Wright a tout simplement répondu qu'il avait "du mettre beaucoup de pression" et qu'il devait être "persistant".

M. Wright a ensuite dû expliquer la comparaison qu'il avait utilisée quant à la nécessité de contenir le scandale impliquant le sénateur. Dans un courriel, il avait comparé la situation au "supplice de la goutte d'eau", ce qui signifiait, a-t-il dit, "que des nouvelles informations soient distribuées au compte-goutte".

Le sénateur Duffy fait face à 31 accusations de fraude, de corruption et de bris de confiance, dont trois chefs ont un lien avec le fameux paiement de 90 000 $ accordé par M. Wright pour qu'il rembourse ses dépenses jugées inappropriées.

La corruption est l'une des infractions les plus sérieuses du Code criminel, avec un peine maximale de prison de 14 ans. La Couronne doit prouver que M. Duffy avait - hors de tout doute - accepté le montant avec des intentions de corruption.

M. Duffy martèle qu'il est victime d'un stratagème du Bureau du premier ministre et qu'il avait été forcé contre sa volonté d'y participer. Son avocat affirme que son client a été contraint par l'un des personnages politiques les plus puissants au pays d'accepter ce plan.

M. Wright avait fini par payer lui-même le montant, et il a cité un passage de la Bible pour expliquer son geste. Me Bayne a toutefois affirmé que l'ancien chef de cabinet ne faisait pas seulement une "bonne action", il s'agissait selon lui d'abord et avant tout d'une décision politique.

"Cela a été fait parce que vous vouliez mettre fin au supplice de la goutte d'eau", a tranché Me Bayne.

Le contre-interrogatoire de Nigel Wright se poursuivra lundi.

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