POLITIQUE
14/08/2015 05:19 EDT

Mulcair n'a pas toujours été fan des sables bitumineux

CP

QUÉBEC - Mercredi dernier, le chef du NPD affirmait que le projet Énergie Est pourrait être «gagnant» pour le Canada. Pourtant, Thomas Mulcair se montrait beaucoup plus critique à propos du pétrole des sables bitumineux en 2010.

«En 2010, nous savons qu’il est impossible de continuer cette exploitation sans gravement affecter la santé des êtres humains et sans détruire à tout jamais d’importants écosystèmes», écrivait-il dans une préface pour le livre Les sables bitumineux: la honte du Canada (Écosociété), du journaliste Andrew Nikiforuk.

Alors député néo-démocrate, Thomas Mulcair énumérait les nombreux travers de l'industrie des sables bitumineux. «L’importation massive d’une main-d’oeuvre bon marché et privée de ses droits nous renvoie aux souvenirs honteux de l’ouverture de l’Ouest canadien grâce à l’exploitation des travailleurs chinois venus pour construire les premiers chemins de fer», avançait-il.

De plus, l'afflux de capitaux américains nuisait aux exportations du secteur manufacturier en gonflant artificiellement le dollar canadien, ajoutait-il.

Thomas Mulcair y dénonçait également les coûts assumés par la société canadienne pour lutter contre la hausse des gaz à effet de serre causée par l'exploitation du pétrole issu des sables bitumineux, sans compter le nettoyage des sites et le «traitement des mers de résidus empoisonnés». «En conséquence, non seulement le Canada laisse aux générations futures le coût de la dégradation environnementale, mais en plus il leur lègue une économie moins diversifiée et moins équilibrée», écrivait-il.

L'actuel chef néo-démocrate y dénonçait enfin les subventions versées à cette industrie, de même que les «redevances minimes» payées par les compagnies pétrolières.

«Le portrait complet du scandale de l’exploitation des sables bitumineux au Canada révèle la profondeur de la bêtise de ceux qui accélèrent cette exploitation. Les coûts environnementaux, sociaux et économiques seront astronomiques pour le Canada, l’Amérique du Nord et même la planète, vu les vastes quantités de GES en cause», concluait-il.

Nouveau discours?

Son discours était tout autre à Lévis mercredi dernier lorsqu'il a été questionné sur le projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada, qui doit acheminer un million de barils de pétrole chaque jour des sables bitumineux de l'Alberta vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

«Ça peut être gagnant d'amener du produit d'ouest en est et de créer 40 000 emplois au Canada, a-t-il répondu. Ça peut être gagnant pour les producteurs, et une meilleure redevance pour la province. Ça peut être gagnant parce qu'on va créer des emplois au Canada. Ça peut être gagnant parce qu'on va éliminer les superpétroliers dans le Saint-Laurent et les trains hautement dangereux qui sillonnent nos municipalités à travers le Québec. Et ça peut être gagnant parce qu'on s'occupe de notre propre sécurité énergétique.»

Le chef néo-démocrate a toutefois réitéré mercredi la nécessité de resserrer le cadre d'évaluation environnementale avant de donner son accord au projet Énergie Est. «Le problème numéro un qu'on a au Canada, c'est que Stephen Harper a éviscéré un ensemble de lois environnementales, a-t-il dit. Il n'y a plus de processus complet, crédible, fiable, d'évaluation environnementale.»

Une position qu'il défendait déjà en 2010 dans le texte de sa préface. «Pourtant, le simple fait pour le Canada d’exiger l’application de règles de base de développement durable telles que l’internalisation des coûts environnementaux, les principes du pollueur payeur et de l’utilisateur payeur, aurait un effet bénéfique à long terme tant sur le plan environnemental qu’économique», écrivait-il notamment.

Il accusait de plus le gouvernement de Stephen Harper de procéder au «démantèlement des lois environnementales au Canada».

Nos demandes d'entrevues auprès du NPD et de Thomas Mulcair sont restées sans réponse.

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