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14/08/2015 07:22 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Lutte au sommet en Birmanie: le chef du parti évincé respectera la décision

Le chef du parti au pouvoir en Birmanie, démis de ses fonctions, a promis vendredi de continuer à travailler pour le peuple birman, au lendemain d'un putsch inattendu avant des élections législatives test.

Après une nuit de drame politique, avec intervention de la police au siège du parti majoritaire, Shwe Mann a été évincé de ses fonctions de leader de l'USDP après des semaines de tensions entre lui et le président birman Thein Sein.

Vendredi, pour son premier commentaire depuis son éviction, celui qui est toujours président du Parlement a écrit sur Facebook qu'il allait "continuer à travailler pour la prospérité de tous jusqu'à (son) dernier soupir". Ce commentaire était accompagné d'une photo de lui en train de travailler derrière un bureau.

Les dirigeants ont cherché à minimiser la sortie de Shwe Mann alors que beaucoup y voient la reprise en main du parti par les militaires les plus intransigeants. L'ex-chef de file du parti est jusqu'ici resté silencieux sur le sujet.

Vendredi, son fils Toe Naing Mann, a expliqué que son père n'avait pas d'autre choix que d'accepter cette décision.

"Comme il est toujours membre de l'USDP, il doit obéir à la décision du parti", a-t-il dit, ajoutant que les policiers qui avaient investi le siège du parti dans la nuit de mercredi à jeudi avaient quitté les lieux.

Shwe Mann avait été présenté comme un candidat de compromis possible pour la présidence du pays puisque la leader de l'opposition Aung San Suu Kyi -dont le parti est donné favori- ne peut pas devenir présidente en raison d'un article de la Constitution qui lui barre la route de la fonction suprême.

Il avait exprimé récemment sa volonté de travailler avec la lauréate du prix Nobel de la Paix à l'approche du scrutin législatif du 8 novembre, véritable test démocratique après des décennies de dictature militaire.

Nyan Win, le porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, s'est refusé à commenter en détail. "Tout ce que nous pouvons dire pour l'instant, c'est qu'il ne s'agit pas d'une petite affaire. Nous pensons que c'est important et nous surveillons toujours la situation", a-t-il déclaré à l'AFP.

De leurs côtés, les Etats-Unis se sont dits "préoccupés" par l'"utilisation apparente des forces de sécurité de l'Etat" pour gérer la sortie de Shwe Mann jeudi et la nécessité de conserver la confiance du peuple dans le processus démocratique.

L'ambassade britannique à Rangoun a également exprimé sa "préoccupation" de voir que la police est "impliquée dans la résolution d'un conflit de parti".

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