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14/08/2015 07:04 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Espagne: le ministre de l'Intérieur justifie une rencontre avec un inculpé de marque

Le ministre espagnol de l'Intérieur a expliqué vendredi avoir reçu dans son bureau l'ex-patron du FMI, Rodrigo Rato, poursuivi par la justice, parce que ce dernier était inquiet pour sa sécurité, sans apaiser les critiques.

Rodrigo Rato "m'a fait part de son inquiétude face à une éventuelle suppression de son service de protection à un moment où il se sent particulièrement vulnérable", a assuré le ministre Jorge Fernandez Diaz devant une commission parlementaire.

Cette rencontre de "près d'une heure" le 29 juillet avec un personnage qui est devenu un symbole de la corruption au sein du parti conservateur au pouvoir alimente une polémique depuis sa révélation par la presse samedi dernier.

L'ex-directeur du FMI dispose d'une garde rapprochée en tant qu'ancien vice-président du gouvernement espagnol et a sollicité cet entretien avec le ministre après avoir appris que le nombre de personnalités protégées allait être réduit, a expliqué M. Fernandez Diaz.

M. Rato s'est dit préoccupé "par les graves menaces et insultes qu'il reçoit lui et ses proches, et face à des situations d'agressions verbales et de menaces réitérées reçues par d'autres moyens, comme les réseaux sociaux", a-t-il poursuivi, évoquant "400 tweets menaçants".

"Lors de cette réunion, nous n'avons pas parlé de la situation judiciaire de M. Rato", a-t-il assuré. Le ministre a dit avoir souhaité le recevoir dans son bureau et "non dans un café ou une station essence" pour que la réunion se "déroule en parfaite transparence".

Ses explications n'ont pas calmé les critiques de l'opposition. "Cette affaire démontre que le gouvernement n'a pas pris au sérieux la corruption", a répliqué le député socialiste Antonio Trevin (PSOE).

Le parti de la gauche radicale Podemos et les libéraux de Ciudadanos, qui ne siègent pas au Parlement, ont exigé la démission du ministre.

Rodrigo Rato, 66 ans, ancienne star du Parti Populaire, a été inculpé d'escroquerie, faux en écriture et usage de faux lors de l'entrée en bourse en 2011 de la banque Bankia, dont la faillite a coûté des milliards d'euros à l'Etat. Il fait l'objet depuis avril dernier d'enquêtes pour fraude fiscale et blanchiment de capitaux.

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