NOUVELLES
14/08/2015 06:38 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Ernests Gulbis s'attaque au défi ultime : Novak Djokovic

Sur le circuit professionnel, Ernests Gulbis est un oiseau rare. Une allure de mauvais garçon, mais juste ce qu'il faut, une attitude débonnaire et colorée à la fois qui charme généralement les foules.

Un texte de Alexandre Gascon

Ce joueur fantasque s'attaquera au défi de l'heure (de l'année) vendredi à la Coupe Rogers : Novak Djokovic. Cette saison, ils ont été nombreux à se creuser la tête pour essayer de l'arrêter...Pas Gulbis.

« Je n'ai pas l'intention de l'arrêter, lance le Letton, sourire aux lèvres. Juste de le laisser passer, ne pas me mettre sur son chemin. »

Derrière la boutade pointe le véritable message de l'ancien 10e mondial. Se concentrer sur son jeu et laisser un adversaire tout feu tout flamme allumer les feux d'artifice.

« Je suis très relax pour le match de demain (vendredi). J'ai eu un excellent tournoi jusqu'à présent. Je n'ai aucune pression. Tout ce qui arrive à partir de maintenant en quarts de finale, c'est du bonus », explique le jeune homme de 26 ans.

Une carrière en montagnes russes

Si le revers de Stan Wawrinka laisse une forte impression de puissance, si la combativité de Nadal demeure unique, si le style de danseur de Federer reste inimitable, un autre coup parmi les joueurs de l'ATP vaut le détour, le coup droit d'Ernests Gulbis.

Certainement pas pour son esthétisme, encore moins pour sa constance, mais sûrement pour sa force et pour sa non orthodoxie.

Lorsqu'il charge son arme, on jurerait que le parc Jarry retrouvera ses vieilles fonctions et verra à nouveau se frapper un coup de circuit plutôt qu'une claque de coup droit.

Mais son incongruité sied bien à ce personnage qui connaît toujours des hauts et des bas depuis son passage chez les professionnels, à seulement 15 ans, en 2004.

Après avoir atteint les demi-finales d'un tournoi du grand chelem pour la première fois à Roland-Garros en 2014, battant au passage Federer, il s'est hissé jusqu'au 10e rang. Par la suite, Gulbis n'a jamais gagné plus de deux matchs de suite. Avant cette semaine.

Relégué au 87e échelon, le Letton est passé par les qualifications à Montréal et a donc cinq victoires sous la cravate.

« Les qualifications m'ont aidé. Comme à Delray Beach (en 2013), où j'étais passé par les qualifs et j'ai remporté le tournoi », compare-t-il.

« Je n'avais pas de bonnes sensations quand je suis arrivé ici. J'ai réussi à passer à travers mon premier match. Je me battais, j'en ai gagné un deuxième et c'est devenu plus facile. »

Ça risque de l'être moins à partir de maintenant. Mais visiblement, Gulbis ne s'en fait pas trop avec le numéro un mondial. 

Djokovic essaie de devenir à Montréal le premier joueur à remporter les cinq premiers tournois Masters 1000 de la saison. Le Letton, lui, se promène avec un chandail où l'on peut lire Né pour accomplir de grandes choses. 

On verra, lance-t-il. Et il quitte la salle d'entrevue, affable jusqu'au bout des ongles.