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14/08/2015 11:35 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Egypte: la police déployée pour l'anniversaire de la mort de manifestants islamistes

La police égyptienne a dispersé vendredi au Caire de petits rassemblements organisés par les partisans de l'ex-président Mohamed Morsi, qui marquaient le deuxième anniversaire de la mort de centaines de manifestants islamistes tués par les forces de l'ordre.

Le 14 août 2013, policiers et soldats avaient tué au moins 700 partisans du président Morsi--destitué par l'armée le 3 juillet-- dans la dispersion de deux sit-ins monstres organisés places Rabaa Al-Adawiya et Al-Nahda au Caire, selon des chiffres officiels.

Après la destitution de M. Morsi, le pouvoir avait lancé une répression implacable contre l'opposition islamiste.

Vendredi, des responsables de la police ont indiqué que leurs forces avaient été déployées sur les artères principales de la capitale et autour des bâtiments gouvernementaux, après des appels à manifester pour cet anniversaire.

La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser trois cortèges regroupant des dizaines de manifestants dans l'ouest du Caire, ont précisé des responsables.

Dans le nord de la capitale, la police a eu recours à des gaz lacrymogènes pour mettre fin à un rassemblement de pro-Morsi, qui ont répliqué en lançant des gros pétards sur les forces de l'ordre, d'après les mêmes sources.

Deux ans après les faits, aucun policier n'a comparu en justice pour la mort des manifestants.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à lancer une enquête sur "ce qui pourrait avoir été la pire tuerie de manifestants en une seule journée dans l'histoire moderne".

"Le Conseil des droits de l'ONU, qui n'a pas encore abordé la situation dangereuse des droits de l'Homme en Egypte, qui se détériore, est l'une des rares voies restantes pour que des comptes soient rendus sur ce massacre", a indiqué le directeur adjoint du département Moyen-Orient de HRW Joe Stork.

En Egypte, le gouvernement a toujours justifié la dispersion en insistant sur le fait que les manifestants islamistes étaient des "terroristes" armés.

Dix policiers avaient été tués dans l'opération de dispersion après avoir essuyé des tirs venant des rangs des manifestants, selon les autorités.

M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte en 2012, n'a dirigé le pays qu'une année, avant que des manifestations de masse ne soient organisées contre lui, poussant l'armée à le destituer et à l'arrêter. Il a depuis été condamné à mort mais peut faire appel de ce verdict.

Son successeur et l'artisan de son éviction, l'ex-chef de l'armée Abdel Fatah al-Sissi, a promis d'éradiquer la confrérie dont est issu M. Morsi, les Frères musulmans, déclarés "organisation terroriste" et dont la plupart des leaders ont été emprisonnés.

Plus de 1.400 personnes, en majorité des manifestants islamistes, ont été tués depuis la destitution de M. Morsi.

Des dizaines de milliers ont été emprisonnés, tandis que des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

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