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14/08/2015 01:45 EDT | Actualisé 14/08/2015 07:16 EDT

Dalle de béton de Postes Canada: Coderre «très fier» de son geste (VIDÉO)

Les municipalités se rangent derrière le maire Denis Coderre et appuient la destruction jeudi de la dalle de béton installée par Postes Canada dans un parc éconature de Montréal.

« Ce qui a été fait, ce qui vandalisait le mobilier urbain et le parc nature de la ville de Montréal, c'était des installations sans autorisation préalable de la municipalité par Postes Canada », fait valoir la mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.

Malgré les critiques que s'est valu le coup d'éclat du maire, elle pointe plutôt du doigt la société de la Couronne.

« On a eu des plaintes de plusieurs municipalités où Postes Canada est allée installer ses boîtes communautaires, même à des endroits où ça va créer des problématiques, par exemple au niveau d'un ponceau ou au niveau du déneigement », a-t-elle poursuivi

« Le fait que ce soit fédéral, on tente de passer par-dessus les municipalités, par-dessus l'urbanisation. C'est nous qui avons les responsabilités et qui allons vivre avec les problématiques. » — Suzanne Roy

Elle déplore le fait que Postes Canada ait décidé de travailler sans l'aval les municipalités, malgré l'engagement qu'il avait pris auprès d'elles.

« On l'avait clairement exprimé en mots et le geste fait [jeudi] par le maire de Montréal était pour bien signifier à quel point il faut que Postes Canada entende ce qu'on a à dire », clame Suzanne Roy

« Un geste hautement symbolique »

Fort de l'appui des municipalités, Denis Coderre a continué de défendre son geste vendredi matin. Il affirme n'avoir aucun regret et se dit même « très fier » du geste posé.

« J'attends toujours une réponse des libéraux et conservateurs, en passant », a-t-il ajouté, répondant à la question d'un journaliste lors d'un point de presse pour faire l'annonce de sa nouvelle politique de déneigement.

Ainsi, malgré les critiques, le maire persiste et signe : « j'ai posé un geste hautement politique et symbolique au nom de tous les Montréalais », dit-il.

Il se défend bien d'avoir posé un geste criminel ou de désobéissance civile. Il affirme d'ailleurs que les Montréalais sauront faire la différence entre ce geste qu'il a posé et un acte criminel.

« Ce n'est pas de la désobéissance civile. N'embarquez pas là-dedans. Ce n'est pas un do it yourself ; vous vous faites justice à vous-mêmes. »

« Gouverner, c'est choisir. Je ne cherche pas l'unanimité, je cherche à faire un point et je pense que ça a fonctionné. » — Denis Coderre

Le coup d'éclat a fait parler de lui. À la fois le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique ont dénoncé le geste de Postes Canada. Le premier pour la « manie » d'Ottawa » de décider à la place des municipalités, le second pour défendre la « livraison du courrier à domicile ».

À l'instar de l'UMQ, le maire de Montréal en a profité pour rappeler que Postes Canada a agi de façon unilatérale dans ce dossier.

« Vous avez eu un communiqué de presse un peu laconique qui dit : on est prêts à travailler ensemble, mais les gestes étaient déjà posés », déplore-t-il, faisant allusion notamment à la dalle de béton installée dans le parc éconature l'Anse-à-l'Orme. Il y a aussi des règlements municipaux à respecter, a-t-il souligné.

Denis Coderre entend toutefois laisser en place la dalle de béton installée par Postes Canada à Cap-Saint-Jacques.

« J'ai posé un geste symbolique [jeudi]. Je pense que ça a porté. Je ne commencerai pas à me promener partout. On va voir les réactions politiques », tranche-t-il.

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