NOUVELLES
14/08/2015 05:17 EDT | Actualisé 14/08/2016 01:12 EDT

Cameroun: Biya nomme généraux des officiers engagés dans la lutte contre Boko Haram

Le président camerounais Paul Biya a promu au grade de général plusieurs officiers supérieurs de l'armée engagés dans la lutte contre Boko Haram, selon un décret présidentiel lu à la radio d'Etat vendredi.

Jusqu'à présent aucun responsable opérationnel de la lutte contre Boko Haram n'avait rang de général.

Cinq colonels qui dirigent ces opérations contre le groupe islamiste nigérian deviennent généraux de brigade. Deux des promus, Jacob Kodji et Bouba Dobekreo, sont des figures de la guerre déclenchée dans le nord du pays depuis il y a un an.

Le général Kodji est le commandant de la quatrième région militaire interarmées qui couvre la région de l'Extrême-Nord. Il commande aussi l'opération Emergence 3 qui regroupe l'ensemble des opérations engagées dans cette région pour combattre les islamistes.

Surnommé "chef de guerre" sur le théâtre de la lutte contre Boko Haram, le général Bouba est coordonnateur général au Bataillon d'intervention rapide (BIR). Cette unité d'élite de l'armée est en première ligne dans la guerre contre Boko Haram. Le général Bouba avait déjà coordonné avec succès les opérations militaires de sécurisation du parc national de Bouba N'Djidda (nord) après le massacre de plus de 300 éléphants en 2012.

Les autres promus sont Simon Ezo'o Mvondo, commandant de la 11e brigade d'infanterie motorisée (BIM), une autre unité de l'armée mobilisée contre Boko Haram, Valère Nka, attaché de défense auprès du Haut-commissariat du Cameroun au Nigeria et Frédéric Djonkep, commandant de la 3e région militaire interarmées qui couvre les deux autres régions du nord du Cameroun (Nord et Adamaoua).

L'Extrême-Nord du pays est depuis deux ans la cible régulière de raids meurtriers et d'enlèvements des insurgés de Boko Haram, qui recourt désormais également aux attentats-suicides jusque-là inédits au Cameroun.

Cinq attentats-suicide ont ainsi frappé la région au cours du mois de juillet, faisant une cinquantaine de morts.

Le Cameroun participe à une coalition militaire régionale mise sur pied début 2015 pour combattre le groupe islamiste. Au total, Yaoundé affirme avoir déployé près de 8.500 soldats dans le lointain Extrême-Nord pour contrer Boko Haram.

Une Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), à laquelle doivent participer Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun et Bénin, a été mise en place pour coordonner les forces qui agissaient jusque-là en ordre dispersé. Elle doit compter 8.700 hommes mais son déploiement, annoncé pour fin juillet après plusieurs reports, est toujours attendu.

rek/cl/jhd