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13/08/2015 14:39 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Zagreb dit que l'otage croate avait été enlevé par un gang avant d'être remis aux jihadistes

La ministre croate des Affaires étrangères, Vesna Pusic, a affirmé jeudi que le ressortissant croate qui aurait été décapité mercredi par le groupe Etat islamique en Egypte, avait initialement été enlevé par un gang, avant d'être remis aux jihadistes.

Elle a également déclaré qu'une rançon avait été demandée dans un premier temps par les ravisseurs, mais que les conditions avaient changé par la suite.

Selon elle, "deux organisations" étaient impliquées dans l'enlèvement de Tomislav Salopek, qui travaillait pour la société Ardiseis, filiale de la Compagnie Générale de Géophysique (CGG), une firme française spécialisée dans l'exploration des sous-sols.

"L'une s'est présentée comme étant l'Etat islamique, la +Province du Sinaï+, et pour la seconde, on suppose qu'il s'agissait tout simplement de bandits (...) qui ont demandé une rançon. Ils se sont adressés à la compagnie", a dit Mme Pusic, au cours d'une conférence de presse à Rijeka (ouest).

Tomislav Salopek "a été enlevé le 20 juillet. Huit jours après, l'argent a été demandé pour lui. Mais ses ravisseurs n'ont pas donné signe jusqu'au 5 août, jour de la diffusion de la vidéo", a-t-elle expliqué.

Dans cette vidéo, mise en ligne par les jihadistes de la "Province du Sinaï", la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI), l'otage croate apparaît agenouillé aux pieds d'un homme encagoulé et tenant un couteau. Lisant une feuille de papier, il dit qu'il sera exécuté dans les 48 heures par ses ravisseurs si le gouvernement égyptien ne libère pas "des femmes musulmanes" emprisonnées.

L'EI a ensuite affirmé mercredi l'avoir tué, diffusant la photo d'un cadavre décapité, qui n'a pu être authentifiée dans l'immédiat.

La ministre croate a assuré que la rançon n'était plus demandée à la suite de la diffusion de la vidéo le 5 août.

"La situation a entièrement changé. La question d'argent a entièrement disparu, les demandes ont entièrement changé", a dit Mme Pusic.

Contactée par l'AFP, la CGG a confirmé les déclarations de Mme Pusic, précisant que sa filiale Ardiseis avait reçu le 30 juillet au soir un e-mail non signé contenant la photo de son employé croate ainsi qu'une demande de rançon d'"X millions de dollars".

"Le lendemain, Ardiseis a répondu à cet e-mail, demandant une preuve de vie de M. Salopek mais n'a pas eu de réponse. Nous avons réessayé le surlendemain et le jour d'après mais n'avons aucune réponse", a expliqué un porte-parole du groupe à Paris, Christophe Barnini, précisant qu'"à aucun moment, le groupe n'était entré en négociations" avec les ravisseurs.

Les autorités croates affirment que la recherche de l'otage se poursuivait toujours, de concert avec les autorités égyptiennes.

"En ce moment, nous ne pouvons pas confirmer avec certitude que la personne montrée hier est vraiment Tomislav Salopek", a déclaré Mme Pusic.

"Nous le chercherons tant qu'il existe une probabilité qu'il soit vivant", a-t-elle dit, assurant que la photo diffusée par l'EI n'était "pas l'unique information dont on dispose".

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