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13/08/2015 08:18 EDT | Actualisé 13/08/2016 05:12 EDT

Au moins 76 morts dans un attentat de l'État islamique à Bagdad (VIDÉO)

Un camion piégé a explosé jeudi dans un marché d'un quartier chiite de Bagdad, tuant au moins 76 personnes et en blessant des dizaines d'autres, dans un attentat revendiqué par le groupe extrémiste sunnite État islamique.

Il s'agit de l'un des attentats les plus sanglants ayant frappé la capitale irakienne ces derniers mois.

Cette nouvelle attaque survient après que le chef d'état-major de l'armée américaine sortant eut estimé qu'une partition du pays "pourrait être la seule solution" pour mettre fin à la difficile cohabitation entre les communautés sunnite et chiite.

L'attentat, survenu à Sadr City, un grand quartier chiite à forte densité dans le nord de la capitale, a eu lieu vers 6h00 heure locale dans un marché de fruits et légumes à un moment de grande affluence.

Un colonel de la police a fait état de la découverte de 38 cadavres et des restes d'une dizaine d'autres personnes. Un responsable médical a lui fait état de 59 morts. Les deux responsables ont indiqué que 82 personnes avaient été blessées.

L'explosion a dévasté le marché, tuant également des chevaux qui tiraient des carrioles chargées de fruits et légumes, selon un photographe de l'AFP.

L'EI, qui considère les chiites comme hérétiques, a revendiqué l'attentat, comme il l'avait fait lundi pour des attaques ayant fait 33 morts au nord de Bagdad.

Une partition?

Le groupe djihadiste a salué dans un communiqué une "opération bénie qui a permis aux soldats de l'État islamique de faire exploser un camion piégé" à Sadr City.

Les attentats comme celui de Sadr City attisent les tensions en Irak, provoquant la colère de la communauté chiite, majoritaire, qui est souvent la cible des attaques de l'EI.

Le général Raymond Odierno, qui fut le plus haut gradé de l'armée américaine en Irak et qui prendra sa retraite cette semaine, s'est montré pessimiste mercredi au sujet du conflit latent entre les communautés chiite et sunnite, qui a culminé dans les années 2006-2007, faisant des dizaines de milliers de victimes.

"Cela devient de plus en plus difficile chaque jour", a dit lors d'une conférence de presse Raymond Odierno, interrogé sur la réconciliation entre ces deux communautés, prédisant un avenir dans lequel "l'Irak ne ressemblera plus à ce qu'il était par le passé".

Concernant une éventuelle partition du pays, il ne l'a pas totalement exclue. "Cela pourrait être la seule solution, mais je ne suis pas encore prêt à l'affirmer", a-t-il déclaré.

L'Irak comprend trois principales communautés : les Arabes chiites, les Arabes sunnites et les Kurdes. Ces derniers ont déjà leur région autonome dans le nord du pays.

Les États-Unis, qui se sont retirés en 2011 d'Irak - envahi en 2003 -, entraînent des forces irakiennes ainsi que des rebelles en Syrie et dirigent une coalition internationale qui mène des frappes aériennes contre les positions du groupe dans ces deux pays.

'Sorte d'impasse'

La lutte contre l'EI "se trouve dans une sorte d'impasse", mais les États-Unis continuent "de progresser", a ajouté le général Odierno.

L'EI a lancé en juin 2014 une offensive fulgurante au nord de Bagdad, s'emparant de larges pans du territoire irakien, comme dans la Syrie voisine où il a tiré profit de la guerre civile.

Fort de dizaines de milliers d'hommes, ce groupe accusé de crimes contre l'Humanité a recours à de multiples exactions - rapts, viols, décapitations, nettoyage ethnique - dans les régions sous son contrôle.

Les forces irakiennes, qui ont connu une déroute totale lors de l'offensive de 2014, cherchent à reprendre du terrain avec le soutien de la coalition, mais n'ont jusqu'à présent reconquis que très peu de territoire.

Outre les forces irakiennes et des milices chiites, les Kurdes participent aux combats contre le groupe djihadiste.

Le ministère allemand de la Défense, qui forme des combattants kurdes, a affirmé jeudi que des peshmergas avaient subi "il y a quelques jours" une attaque à l'arme chimique au sud-ouest d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan.

Il n'a cependant pas précisé qui était à l'origine de l'attaque, précisant que des spécialistes américains et irakiens allaient enquêter sur les lieux.

L'EI a été par le passé accusé d'avoir utilisé des armes contenant des gaz toxiques contre les combattants kurdes en Syrie.

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