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13/08/2015 06:29 EDT | Actualisé 13/08/2015 06:30 EDT

Un centre de commerce international pour entrepreneurs chinois à Varennes

Bloomberg via Getty Images
A worker arranges pieces of fabric under embroidery machines inside the Esquel Group garment factory at the Vietnam-Singapore Industrial Park in Thuan An, Binh Duong province, Vietnam, on Tuesday, June 3, 2014. The southern province of Binh Duong attracted $896 million in foreign direct investment in first five months of this year, almost 90 percent of its 2014 target of more than $1 billion, according to a posting on a government website, citing the provincial people's committee. Photographer: Brent Lewin/Bloomberg via Getty Images

La ville de Varennes pourrait accueillir un immense centre de commerce international où des entrepreneurs chinois pourront offrir directement leurs produits manufacturiers aux détaillants nord-américains.

Un texte de Francis Labbé

Quelque 1000 représentants de manufacturiers chinois présenteraient ainsi la production de leurs usines, qu'il s'agisse de vêtements, de meubles ou de jouets par exemple, dans ce qui prendrait la forme d'un gigantesque hangar. Un centre semblable, regroupant 70 000 kiosques de produits destinés aux entreprises, a été construit au sud de Shanghai.

L'entreprise qui mène le projet, Min Ying Holdings, cherche à aménager son centre dans la grande région de Montréal depuis trois ans déjà. Elle avait dernièrement choisi Longueuil, mais des retards dans le traitement du dossier semblent l'avoir incitée à changer d'adresse.

« Nous avions un terrain en vue mais, pour des raisons environnementales, ça a été arrêté par la Ville de Longueuil », explique le lobbyiste embauché par Min Ying Holdings, l'ex-député bloquiste Roger Pomerleau.

À la Ville de Longueuil, on soutient pourtant que le projet « est toujours à l'étude », mais que les terrains sur lesquels le centre de commerce devait être construit font l'objet d'une « étude de caractérisation environnementale ».

« Nous avons a été obligés de nous réorganiser rapidement. Nous avons identifié des terrains, ça avance bien et nous sommes près d'une entente. Tout devrait être réglé vers la fin septembre, mais je ne peux vous en dire davantage », a poursuivi M. Pomerleau.

La Ville de Varennes a confirmé avoir pris contact avec des représentants du projet.

« Il y a eu une approche auprès de la Ville », nous a écrit Pierre Guy Dallaire, directeur des communications de la Ville de Varennes. « Mais les élus et fonctionnaires ne sont pas en mesure de commenter, car aucune demande de permis ou autre n'ai été faite ».

Nombreux changements d'adresse

Ce n'est pas la première fois que ce projet, évalué à un milliard de dollars, change de destination. « Nous avons visité des terrains à Mirabel, Vaudreuil, Longueuil », a confirmé Roger Pomerleau.

Le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, a notamment été approché par les promoteurs il y a deux ans. Il a refusé le projet parce qu'il craignait l'impact de ce centre sur les fournisseurs et commerçants locaux. Même s'il est destiné à de gros détaillants, il soutenait que de plus petits joueurs pourraient être tentés de s'y approvisionner.

Les promoteurs voulaient également faire construire un millier de maisons pour y installer leurs gens d'affaires qui arriveraient de Chine, de préférence au bord de l'eau. « C'était trop gros, tout simplement », avait affirmé le maire de Vaudreuil-Dorion sur nos ondes, en avril dernier.

Un enjeu d'immigration inédit

« C'est une opération qui n'a jamais été réalisée auparavant. Faire venir autant de gens de la Chine, ça nécessitera des changements aux règlements sur l'immigration et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai été embauché en 2012 dans ce dossier », a souligné Roger Pomerleau.

Au registre des lobbyistes du gouvernement du Québec, on peut effectivement lire que le mandat donné à Roger Pomerleau, et à l'ex-ministre libéral Martin Cauchon avant lui, est de faire « représentation afin de modifier la loi sur l'immigration et les règlements relatifs pour faciliter l'arrivée regroupée de 1000 immigrants entrepreneurs chinois ».

On y lit également que ce centre rendrait le Québec « plus compétitif au niveau du commerce international ».

Présentement, le Québec n'autorise l'arrivée que de 1200 immigrants-entrepreneurs en provenance de la Chine, chaque année.