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12/08/2015 22:37 EDT | Actualisé 12/08/2016 01:12 EDT

Pyongygang condamne exercice militaire conjoint, menace la Maison Blanche

La Corée du Nord a qualifié jeudi de "déclaration de guerre" le prochain exercice militaire conjoint prévu entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, se vantant d'être capable de frapper Séoul et la Maison Blanche en représailles.

L'exercice conjoint annuel à grande échelle dit "Ulchi Freedom", prévu à partir de lundi, doit durer deux semaines. Des dizaines de milliers de soldats seront mobilisés pour cette opération qui est en fait une simulation par ordinateur d'une invasion de la Corée du Sud par le Nord.

Il s'agit de l'un des nombreux exercices annuels menés par les deux pays et qui sont présentés par Washington et Séoul comme étant à caractère purement défensif. Mais Pyongyang les condamne avec virulence, les considérant comme une répétition générale de l'invasion de son propre territoire et à ce titre comme des provocations.

Cette année, "Ulchi Freedom" survient à un moment particulièrement délicat. Les tensions ont redoublé dans la péninsule coréenne à la suite d'une attaque à la mine antipersonnel imputée par Séoul à Pyongyang.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a martelé que l'exercice devait immédiatement être annulé faute de quoi, Washington serait responsable de "toutes les conséquences".

La Corée du Nord prendra "toutes les mesures nécessaires" face aux "provocations nucléaires" américaines, a déclaré un porte-parole du ministère cité par l'agence officielle KCNA.

De son côté, la Commission nord-coréenne pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC), qui s'occupe des questions intercoréennes, a qualifié l'opération "Ulchi Freedom" "d'exercice en vue d'une guerre nucléaire surprise" contre la Corée du Nord.

"De tels exercices conjoints à grande échelle (...) ne sont rien moins qu'une déclaration de guerre", a ajouté la CRPC. Une escarmouche militaire accidentelle pourrait dégénérer et déboucher sur un conflit "généralisé".

Comme elle l'a déjà fait par le passé, la Commission a prévenu que les sièges de "l'agression et de la provocation" américaine et sud-coréenne, en particulier la Maison Blanche et la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne à Séoul, se trouvaient à portée des armes nord-coréennes "de haute précision".

La Corée du Nord s'est dotée d'un vaste programme de développement de missiles parallèlement à son programme nucléaire mais les spécialistes sont divisés quant à son état réel d'avancement.

La Corée du Sud accuse des soldats nord-coréens d'avoir traversé subrepticement la frontière pour déposer des mines antipersonnel. Deux de ses soldats ont été mutilés la semaine dernière dans des explosions survenues dans la zone démilitarisée (DMZ) qui s'étale sur deux kilomètres de part et d'autre de la frontière.

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