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13/08/2015 14:44 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Pérou : la Première dame soutient l'avortement en cas de viol

L'influente Première dame du Pérou et dirigeante du parti au pouvoir, Nadine Heredia, a apporté son soutien à une légalisation de l'avortement en cas de viol, dans un tweet repris par son époux, qui n'avait jusque-là jamais abordé le sujet.

"Pour nos droits et ceux de nos filles. Plus d'éducation sexuelle, moins de morts par avortement. #Laissezladécider", a tweeté Mme Heredia mercredi soir, joignant à son message une photo de ses filles.

Sa prise de position intervenait en soutien d'une manifestation réalisée peu auparavant dans le centre de Lima, où des dizaines de personnes ont réclamé du Parlement qu'il agisse sur le sujet.

Ce message a ensuite été retweeté par le président Ollanta Humala. C'est la première fois que le dirigeant et son épouse évoquent directement la question de l'avortement, depuis l'arrivée au pouvoir d'Humala en 2011.

Au Pérou, l'avortement n'est autorisé qu'en cas de malformation grave du foetus ou de danger pour la vie de la mère.

"Nous réclamons la dépénalisation de l'avortement, malheureusement seulement en cas de viol, car le Pérou est un pays arriéré", a déclaré à l'AFP la militante Maria del Carmen Gutiérrez lors de la manifestation de mercredi, conclue sur des affrontements avec la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes et des lances à eau pour disperser la foule.

Le Parlement péruvien avait classé en mai une initiative présentée au second semestre 2014 par des collectifs féministes, qui réclamaient le droit pour les femmes de décider de l'usage de leur corps, dénonçant le traumatisme psychologique des victimes de viols.

L'Eglise catholique, très présente au Pérou où 26 des 30 millions d'habitants sont catholiques selon le Vatican, avait lancé l'an dernier une campagne pour mobiliser ses fidèles et la classe politique contre ce projet, le considérant comme une légalisation pure et simple de l'avortement.

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