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13/08/2015 13:11 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Le président du Sri Lanka veut bloquer les ambitions de l'ex-homme fort du pays

Le président du Sri Lanka Maithripala Sirisena a brandi la menace du veto face à son rival politique, l'ex-homme fort du pays Mahinda Rajapakse, si celui-ci tentait de briguer le poste de Premier ministre après les élections anticipées du 17 août.

Dans une lettre à son ancien mentor, dont il fut le ministre de la Santé, M. Sirisena affirme que si leur parti, la United People's Freedom Alliance, "s'assurait la majorité, le Premier ministre devrait être une autre personne ayant de l'expérience, mais pas toi".

Dans le document dont des copies ont été données à la presse, il propose les noms de sept individus, dont le frère aîné de Mahinda Rajapakse.

"Même si je dois intervenir pour former une coalition, tu ne seras pas Premier ministre", écrit-il à l'ancien homme fort du pays, face à qui il avait créé la surprise en se présentant à l'élection présidentielle de janvier et en remportant le scrutin.

Après cette victoire, Maithripala Sirisena avait choisi Ranil Wickremesinghe, leader du United National Party (Parti d'union nationale, UNP), comme chef de gouvernement.

Celui-ci s'était prononcé en faveur d'élections anticipées afin de renforcer la majorité de son parti, car le Parlement bloquait régulièrement les réformes lancées par son administration.

Le nouveau président avait ordonné fin juin la dissolution du Parlement ouvrant ainsi la voie à une élection anticipée dix mois avant la date prévue.

Ce scrutin doit avoir lieu lundi 17 août et le nouveau Parlement doit se réunir le 2 septembre, selon les autorités.

Selon l'analyste politique Victor Ivan, le parti de MM. Sirisena et Rajapakse ne part pas favori. "Ce que montre surtout cette lettre est la grande inimitié qui s'est installée entre les deux hommes", juge-t-il, voyant la missive plutôt comme une tentative de "décourager" les ambitions de l'ex-président, qui fut au pouvoir près de dix ans.

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