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13/08/2015 10:48 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

L'Ukraine tente d'arracher un accord avec ses créanciers pour éviter le défaut

La ministre ukrainienne des Finances Natalie Jaresko tentait jeudi aux Etats-Unis d'arracher un accord indispensable d'urgence avec les principaux créanciers privés de Kiev pour restructurer sa dette et éviter le défaut de paiement du pays ravagé par la guerre.

Mercredi, une première journée de discussions entre la ministre d'origine américaine et des dirigeants du fonds Franklin Templeton près de San Francisco (côte ouest des Etats-Unis) n'a rien donné, ont indiqué à l'AFP deux sources proches des négociations.

Or le temps presse pour l'Ukraine, sous perfusion financière. Le pays a bien obtenu un plan d'aide de 40 milliards de dollars de ses alliés occidentaux, le Fonds monétaire international en tête, mais ce programme comprend un effort de 15,3 milliards de dollars que doivent consentir les créanciers privés de Kiev.

Franklin Templeton et trois autres institutions financières, réunies dans un groupe représentant deux tiers de cet effort, refusent depuis des semaines les conditions de la restructuration de la dette proposées par les autorités ukrainiennes.

Elles refusent toute réduction importante du montant de leurs prêts à rembourser et proposent une prolongation de la période des remboursements.

Selon les sources proches du dossier interrogées par l'AFP, les créanciers veulent imposer de strictes conditions à un éventuel effacement de 5% à 10% de la dette (contre 40% demandé par Kiev au début des discussions).

Or, Kiev doit rembourser 60 millions de dollars de dette le 23 août et surtout 500 millions de dollars le 23 septembre.

"Le temps presse", a souligné une source proche des négociations, expliquant qu'en vertu d'une clause du crédit, toute modification des conditions du remboursement du 23 septembre doit être approuvée au moins 21 jours avant.

Un accord avec le groupe des créanciers dirigé par Franklin Templeton est donc indispensable en vue d'une solution globale avec l'ensemble des détenteurs de la dette publique ukrainienne d'ici au 2 septembre. Faute de succès, l'Ukraine risquerait un défaut de paiement de nature à le couper des marchés de l'emprunt pour des années.

Le pays traverse une profonde récession aggravée par le conflit dans l'Est avec les séparatistes prorusses, qui a fait plus de 6.800 morts en moins d'un an et demi.

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