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13/08/2015 12:01 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Kerry dénonce auprès de Lavrov la visite à Moscou d'un général iranien (diplomate)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est plaint auprès de son homologue russe Sergueï Lavrov d'une récente visite à Moscou d'un influent général iranien, en violation de résolutions de l'ONU, a annoncé jeudi un diplomate américain.

M. Kerry a exprimé ses "inquiétudes" dans un appel téléphonique à M. Lavrov, jeudi matin, à propos du voyage ces dernières semaines en Russie du général iranien Ghassem Souleimani, responsable des Gardiens de la révolution iraniens et chef de la force Qods chargée des opérations extérieures de l'armée d'élite du régime.

Il est sous le coup d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies de 2007 qui lui interdit de voyager à l'étranger.

Cette discrète visite du général Ghassem Souleimani à Moscou, apparemment fin juillet, n'avait pas fait grand bruit jusqu'à ce qu'elle soit évoquée la semaine dernière par un média iranien et la chaîne américaine Fox News, dans un contexte d'intense activité diplomatique autour du conflit en Syrie, impliquant les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite et l'Iran.

Mercredi soir, le département d'Etat avait déjà condamné ce voyage et annoncé que Washington porterait l'affaire devant le Conseil de sécurité.

"Nous avons clairement exprimé nos préoccupations auprès de la Russie et nous poursuivons aussi au sein du Conseil de sécurité", avait protesté le porte-parole Mark Toner, affirmant ne pas connaître le motif de ce déplacement et n'avoir reçu d'explications ni de Moscou, ni de Téhéran.

M. Toner avait dénoncé "une violation des résolutions du Conseil de sécurité".

"Nous avons l'intention de travailler avec le Conseil de sécurité et son comité des sanctions contre l'Iran (...) pour garantir qu'il y ait une enquête complète et adéquate", avait-il encore prévenu.

Le général Souleimani est sous le coup, avec d'autres responsables iraniens, d'une résolution leur interdisant de voyager à l'étranger en raison de leurs liens présumés avec les programmes nucléaire ou de missiles balistiques de l'Iran.

Puissance chiite régionale, l'Iran apporte un soutien militaire à la Syrie de Bachar al-Assad contre le groupe radical sunnite Etat islamique, ainsi qu'un appui à Bagdad via l'aide aux milices chiites irakiennes. Le général Souleimani est considéré comme la pièce maîtresse de cette assistance militaire.

Dans ce contexte, depuis l'accord sur le nucléaire iranien le 14 juillet entre les grandes puissances et Téhéran, la guerre en Syrie fait l'objet d'importants échanges diplomatiques. Washington, Moscou et Ryad ont tenu une réunion tripartite à Doha le 3 août et Téhéran a annoncé qu'il présenterait à l'ONU un plan de paix pour la Syrie.

Les ministres russe et américain, qui sont constamment en contact, s'étaient encore vus en tête-à-tête à Kuala Lumpur la semaine dernière pour discuter une nouvelle fois d'une sortie de crise diplomatique en Syrie.

Les deux hommes "sont tombés d'accord pour continuer à explorer des options en vue d'une solution politique au conflit".

nr/faa