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13/08/2015 06:08 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Grèce: croissance forte au deuxième trimestre, fin d'année bien plus incertaine

La croissance a été forte en Grèce au deuxième trimestre, avec un PIB en hausse de 0,8% par rapport au premier, indique jeudi l'agence nationale des statistiques (ELSTAT) dans une première estimation, tandis que le pays n'est finalement pas retombé en récession en début d'année.

Sur un an, la croissance du PIB a été de 1,4% par rapport au deuxième trimestre 2014, ajoute ELSTAT.

Ces estimations, en données corrigées des variations saisonnières, sont appelées à être révisées lors d'une seconde estimation, dont les résultats seront publiés le 28 août. A ce stade, elles ne tiennent pratiquement pas compte du mois de juin.

La forte poussée du Produit intérieur brut au printemps s'est appuyée sur de bonnes ventes de détail et sur le début solide de la saison touristique, a indiqué à l'AFP une des analystes d'ELSTAT.

L'institut a par ailleurs nettement revu en hausse ses estimations sur les trimestres précédents. Ainsi, il calcule désormais que le premier trimestre a été stable par rapport au quatrième trimestre 2014, au lieu d'un recul de 0,2% annoncé précédemment, et que le PIB n'a reculé que de 0,2% au quatrième trimestre, contre 0,4% annoncé précédemment.

Le pays ne serait donc pas entré en récession au premier trimestre, comme on le pensait précédemment, puisque la récession est caractérisée par deux trimestres successifs de recul du PIB.

A ce stade de l'année, la Grèce semble donc faire beaucoup mieux que le recul de 2,3% du PIB pour 2015 prédit mercredi à Bruxelles par des sources européennes.

Cependant, si tant est que le bon chiffre du deuxième trimestre ne soient pas déjà révisé à la baisse lors d'estimations prochaines, il est pratiquement certain que le troisième trimestre sera marqué par un très net recul du PIB, malgré une saison touristique qui paraît très florissante.

L'économie du pays est en effet très ralentie par le contrôle des capitaux en vigueur depuis fin juin, qui limite les retraits bancaires des comptes en banque grecs à 420 euros par semaine pour les particuliers, et empêche pratiquement les virements à l'étranger.

Le tout sur fond de grande inquiétude des ménages et des entreprises quant à l'issue des négociations interminables entre le gouvernement Syriza d'Alexis Tsipras et les créanciers du pays (UE, BCE, FMI, Mécanisme européen de stabilité).

Le Parlement grec doit voter dans la nuit sur le troisième plan d'aide dont la rédaction par Athènes et ses créanciers a été achevée mardi matin, mais qui doit aussi encore obtenir l'imprimatur des ministres des Finances de la zone euro, lors d'un Eurogroupe vendredi.

Or l'Allemagne a déjà fait savoir qu'elle avait bien des "questions" à poser sur ce plan, laissant craindre de nouveaux délais qui ne manqueraient pas de peser encore sur l'économie du pays.

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