DIVERTISSEMENT
13/08/2015 03:22 EDT | Actualisé 13/08/2015 03:31 EDT

Films à l'affiche le 14 août 2015 (VIDÉOS/PHOTOS)

Brand New Images via Getty Images
Woman enjoying movie at cinema

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine - 14 août 2015 Voyez les images

ANATOMIE D'UN DOUBLE CRIME

Espagne. 2014. 105 min.

Drame policier de Alberto Rodriguez avec Raul Arévalo, Javier Gutierrez, Antonio de la Torre, Nerea Barros, Salva Reina, Jesus Castro, Ana Tomeno, Manolo Solo, Mercedes Leon.

Septembre 1980, Sud de l'Espagne. Les policiers Pedro et Juan débarquent dans un village du Delta du Guadalquivir, pour enquêter sur la disparition de deux soeurs adolescentes. Ne songeant qu'à retrouver sa compagne enceinte à Madrid, le jeune Pedro, en disgrâce pour avoir dénoncé la corruption de ses supérieurs, n'a que du mépris pour le vétéran Juan, qu'il accuse également de rançonner les tenanciers de bar et les prostituées de la capitale. Grâce à une soi-disant voyante, qui prédit un sort funeste à Juan, les enquêteurs mettent la main sur un indice leur laissant croire que les filles ont été assassinées. De fait, les corps de ces dernières sont peu après retrouvés dans une rizière. Selon le médecin légiste, les victimes ont été torturées, mutilées et violées. Poursuivant leurs recherches, Pedro et Juan apprennent que deux autres cas similaires sont survenus à la même période, en 1978 et 1979. Ils soupçonnent rapidement Quini, un jeune tombeur arrogant qui connaissait toutes les victimes. Mettant de côté leurs différends, les policiers se serrent les coudes pour que leur enquête ne soit pas entravée par les autorités locales.

Sans nier sa dette au film coréen MEMORIES OF MURDER et à la série américaine "True Detective", Alberto Rodriguez a troussé un polar nerveux et captivant, hanté par les fantômes du franquisme. Or, bien que mis en scène avec style, le récit accumule les trous narratifs et les développements inaboutis. L'interprétation est en revanche solide de bout en bout.

DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX - CODE U.N.C.L.E.

États-Unis. 2015. 116 min.

Drame d'espionnage de Guy Ritchie avec Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Elizabeth Debicki, Luca Calvani, Jared Harris, Hugh Grant.

Début des années 1960. Aux abords de Checkpoint Charlie, le poste-frontière qui sépare les deux Allemagne, Napoleon Solo, agent de la CIA, et Illya Kuryakin, espion du KGB, tentent séparément d'appréhender Gaby Teller, la fille d'un scientifique nazi en fuite, qui fut un proche d'Hitler. Unissant leurs efforts à l'instigation de leurs dirigeants respectifs, Solo et Kuryakin partent avec Gaby à Rome, sur les traces d'un couple de riches industriels italiens, qui préparent avec le docteur Teller une attaque à l'arme nucléaire dans le but de déstabiliser l'ordre mondial fragile établi par les deux superpuissances.

Cette adaptation élégante mais fade d'une populaire série télévisée des années 1960 séduit par la mise en images soignée et inventive de Guy Ritchie (SHERLOCK HOLMES). Malheureusement, le scénario rachitique et l'absence totale de chimie entre les deux vedettes minent sérieusement l'impact de ce divertissement ultra-léger, aussi joliment ficelé que vite oublié.

L'INSTITUTRICE

Israël. 2014. 119 min.

Drame de Nadav Lapid avec Sarit Larry, Avi Shnaidman, Lior Raz, Ester Rada, Jil Ben David, Dan Toren, Yehezkel Lazarov.

Éducatrice dans une garderie de Tel Aviv, Nira développe une fascination pour un élève, le blondinet Yoav. Tous les jours, en fin d'après-midi dans la cour, le garçon de cinq ans se met soudainement à marcher de long en large dans un état de grande concentration, puis dicte à sa jeune gouvernante, l'actrice Miri, des vers d'une sensibilité et d'une maturité extraordinaires. Elle-même étudiante en poésie - malgré le peu d'encouragement de son époux ingénieur -, Nira décide de réciter une création de Yoav devant sa classe, en prétendant qu'elle l'a elle-même composée. Couverte d'éloges, l'éducatrice, maintenant persuadée du talent précoce du gamin, se donne désormais comme mission de le protéger et de faire connaître son oeuvre. Or, le père de Yoav, un riche restaurateur qui l'élève seul depuis que la mère est partie vivre avec son amant à Boston, ne souhaite pas qu'il finisse comme son frère, un poète raté vivotant dans un emploi de journaliste. Qu'à cela ne tienne. Après avoir écarté Miri, en la dénonçant comme voleuse d'un poème de Yoav aux fins d'une audition, Nira resserre son emprise sur l'innocent garçon.

Nadav Lapid (LE POLICIER, inédit en salles au Québec) déstabilise avec un récit qui, en première partie, célèbre l'art dans un monde devenu trop matérialiste, pour ensuite bifurquer vers l'illustration troublante d'une obsession malsaine. Le tout est filmé et mis en scène de manière à la fois anxiogène et insolite, et défendu par la subtile et intense Sarit Larry.

NOUVELLES, NOUVELLES

Canada. 2014. 82 min.

Comédie dramatique de Olivier Godin avec Étienne Pilon, Rose-Maïté Erkoreka, Paul Ahmarani, Ève Duranceau, Mani Soleymanlou, Luc Proulx, Fayolle Jean.

À Montréal en décembre, quelques personnages étranges gravitent autour du bar de l'auberge La Voie lactée, dont un clochard déguisé en père Noël et deux musiciens paumés. C'est dans cet établissement un peu louche qu'échoue Jean-Baptiste Lamirande, un policier mort et récemment ressuscité, ayant fait l'objet d'un film biographique présentement à l'affiche. Le flic a pour mission de ramener à sa mère une jeune actrice amnésique, Héloïse, qu'il courtise avec ferveur, tout comme deux autres hommes de profil et d'âge très différents. Alors que Lamirande essaie tant bien que mal d'accomplir son devoir et de remettre un peu d'ordre dans cet univers chaotique, Héloïse s'efforce de retrouver la mémoire.

Mis en scène dans un style à la fois résolument artisanal et teinté d'une évidente nostalgie cinématographique, ce conte poétique d'Olivier Godin (LE PAYS DES ÂMES) est toutefois desservi par une structure trop relâchée et un humour un peu lourd. Inégalement étoffés, les personnages sont défendus sur un mode tantôt somnambulique, tantôt cabotin.

SHE'S FUNNY THAT WAY

États-Unis. 2014. 93 min.

Comédie de Peter Bogdanovich avec Imogen Poots, Owen Wilson, Kathryn Hahn, Will Forte, Rhys Ifans, Austin Pendleton, Jennifer Aniston, George Morfogen, Illeana Douglas.

Dans un hôtel de New York, Arnold, riche metteur en scène de théâtre, fait appel à un service de prostitution haut de gamme pour égayer sa soirée. Dès l'arrivée d'Izzy, jeune call-girl sémillante, Arnold, sous le charme, sort le grand jeu et la gratifie, au terme de leur nuit torride, d'une forte somme d'argent destinée à l'aider à réaliser son rêve de devenir actrice. Mais Arnold est pris au piège de son romantisme clandestin: lorsqu'il fait passer des auditions pour la pièce qu'il monte à Broadway, Izzy se présente et impressionne tant qu'il n'a d'autre choix que de l'engager, malgré le fait que son épouse sera de la distribution. Lorsque viennent s'ajouter à ce triangle d'autres intrigues sentimentales - dont le flirt de l'auteur de la pièce avec une Izzy ayant sa femme comme psychologue -, le climat de travail au sein de la troupe devient de plus en plus explosif.

Treize ans après le sous-estimé THE CAT'S MEOW, Peter Bogdanovich revient hélas avec un vaudeville aux ressorts usés, où les aléas de la passion amoureuse sont traités à la manière de Woody Allen, l'esprit et l'invention comique en moins. Restent quelques apparitions-surprises amusantes et le jeu délicieusement candide d'Imogen Poots (A LATE QUARTET).

STRAIGHT OUTTA COMPTON

États-Unis. 2015. 147 min.

Drame biographique de F. Gary Gray avec O'Shea Jackson Jr., Corey Hawkins, Jason Mitchell, Neil Brown Jr., Aldis Hodge, Paul Giamatti, Alan Wenkus.

En 1986 à Compton, quartier très dur de Los Angeles, Eric, dit Eazy E, Andre, dit Dr Dre, O'Shea, dit Ice Cube, Antoine, dit DJ Yella et Lorenzo, dit MC Ren, s'insurgent contre leurs conditions de vie en faisant du rap, musique encore peu respectée à l'époque. Après l'enregistrement d'un premier microsillon sous leur propre étiquette, Ruthless Records, leur groupe, baptisé N.W.A. (pour Niggaz Wit Attitudes), est repéré par Jerry Heller, un gérant qui leur fait signer un contrat avec la maison de production Priority Records. Sur leur premier album, "Straight Outta Compton", un morceau intitulé "Fuck The Police" leur attire les foudres du F.B.I. Après un concert mouvementé à Detroit, des dissensions commencent à naître au sein du groupe pour des histoires financières. En colère, Ice Cube claque la porte et démarre une carrière solo. Quelque temps plus tard, il est imité par Dr Dre, qui fonde avec Suge Knight l'étiquette Death Row Records. De son côté Easy E, quasi ruiné, meurt du sida en 1995.

En plus d'évoquer avec intelligence le contexte sociopolitique ayant permis l'émergence du gangsta rap, à travers l'histoire du groupe qui en fut l'emblème, ce film de F. Gary Gray (THE ITALIAN JOB) met bien en valeur la musique elle-même. Cela dit, la dernière partie verse dans l'hagiographie et les acteurs, malgré leur charisme, manquent un peu d'assurance.

TEEN LUST

Canada. 2013. 80 min.

Comédie de Blaine Thurier avec Jesse Carere, Daryl Sabara, Cary Elwes, Kristin Bauer van Straten, Annie Clark, Emmanuelle Vaugier, John Dore.

Membre d'une église vouant un culte à Satan, Neil apprend que ses parents veulent l'offrir en sacrifice, à la demande de leur chef et de son épouse, les charismatiques et manipulateurs John et Mary. La seule chose qui pourrait sauver l'adolescent serait de perdre sa virginité. Ayant réussi à échapper à ses parents grâce à son meilleur ami, aussi peu doué avec les filles que lui, Neil se rend chez son amie d'enfance Denise et la supplie de coucher avec lui. Croyant qu'il lui fait une mauvaise blague, la jeune fille le dénonce aux membres de l'église. Alors que les deux garçons en fuite parcourent les rues de Winnipeg à la recherche d'une aventure d'un soir, ils sont bientôt rejoints par Denise, qui regrette son geste. De leur côté, John et Mary pressent les parents de Neil de le convaincre de revenir sur les lieux du culte avant que les portes de l'Enfer ne se referment, soit avant l'aube. Or, le temps file et aucune fille ne semble prête à se donner au pauvre adolescent.

À travers ce recyclage de clichés de films d'ados, panoplie de personnages caricaturaux incluse, s'élabore un amusant conte urbain sur le passage à l'âge adulte. Hélas! La réalisation terne de Blaine Thurier (A GUN TO THE HEAD) et l'interprétation inégale plombent le tout.

TURBO KID

Canada. 2015. 93 min.

Science-fiction de Anouk Whissell, François Simard, Yoann-Karl Whissell avec Munro Chambers, Laurence Leboeuf, Michael Ironside, Edwin Wright, Aaron Jeffery, Yves Corbeil, Romano Orzari.

1997, après l'Apocalypse. Orphelin fou de bandes dessinées, le Kid collectionne des objets datant des années 1980 afin de les troquer contre de l'eau potable auprès du tenancier de bar Bagu. Vivant en ermite sur un ancien terrain de jeux, le garçon accepte difficilement l'arrivée impromptue d'Apple, ravissante jeune femme au tempérament enfantin. Mais son appréhension se transforme bientôt en sentiment amoureux. De sorte que son sang ne fait qu'un tour quand Apple est enlevée par Skeleton, sanguinaire chasseur de primes travaillant pour l'infâme Zeus, chef des terres dévastées. En allant à sa rescousse sur son BMX, le Kid retrouve sous terre le vaisseau spatial de son héros, Turbo Rider. S'étant emparé du gant-turbo de ce dernier, il se rend dans l'antre de Zeus, où est aussi tenu captif Frederick, célèbre champion de bras de fer et protecteur du bidonville où travaille Bagu. Le Kid découvre avec horreur comment Zeus fabrique l'eau. Pis encore, il reconnaît en lui l'impitoyable assassin de ses parents. Après un combat sanglant, le Kid, Apple et Frederick parviennent à s'échapper. Zeus ordonne alors à Skeleton et ses sbires de les rattraper.

Version étoffée de leur court métrage "T Is For Turbo" (2011), ce premier long métrage du collectif RKSS repose sur un scénario ludique inspiré des films post-apocalyptiques des années 1980. L'aspect parodique, soutenu par une réalisation tonique, est accentué par des effets spéciaux outranciers à souhait et une interprétation délibérément caricaturale.