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13/08/2015 16:03 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Equateur : journée de protestation contre le président Correa

Plusieurs routes en Equateur étaient bloquées jeudi à l'occasion d'une journée de protestation contre le président de gauche Rafael Correa, qui a qualifié d'"échec" la grève générale convoquée par des syndicats, l'opposition et des mouvements indiens.

Les services de transports, éducation, santé et justice fonctionnaient normalement dans les principales villes, mais dans six des 24 régions du pays, de nombreuses routes étaient coupées par des manifestants indiens, selon les services de sécurité ECU-911.

"Normalité totale dans les principales villes", a rapporté le président élu depuis 2007 sur son compte Twitter.

Selon lui, "face à l'échec de la grève", l'opposition a eu recours à "la fermeture de routes" en "utilisant des indiens", une situation contre laquelle M. Correa a appelé le secteur des transports, allié traditionnel du gouvernement, à "s'indigner".

La police a déployé dans la capitale 5.000 agents pour accompagner les manifestations prévues en fin de journée, ne signalant aucun incident ou affrontement avec les indiens bloquant le passage des véhicules, notamment sur la Panaméricaine qui relie l'Equateur au Pérou.

Le mouvement de protestation vise à dénoncer les politiques socialistes et le style de gouvernement de Rafael Correa, que ses opposants jugent autoritaire. Lui affirme qu'il s'agit d'une conspiration pour lui faire perdre le pouvoir, en amont des élections de 2017.

Les premières manifestations ont débuté le 8 juin au sujet d'un projet de loi visant à augmenter les impôts sur les héritages et les plus-values, qui a provoqué la colère de l'opposition de droite, des milieux d'affaires et de la classe moyenne.

Alors que le président reculait en reportant son projet, la critique s'est généralisée autour du gouvernement. Les indiens exigent quant à eux le retrait de lois ou décisions administratives concernant l'eau et la terre, qui réduisent leur capacité à gérer ces ressources sur leurs territoires.

"Nous nous sommes déclarés en (état de) soulèvement, (...) Correa ne nous représente plus", a déclaré à la presse Carlos Pérez, un dirigeant indien.

Celui-ci, qui avec des centaines d'indiens a parcouru ces derniers jours 800 kilomètres, à pied ou en voiture, jusqu'à Quito, a précisé que la protestation ne cessera que lorsque le président renoncera aux amendements déposés au Parlement.

"Nous ne voulons pas de réélection indéfinie, car nous allons tomber en dictature", a-t-il mis en garde face à la volonté du président de modifier la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat.

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