NOUVELLES
13/08/2015 04:41 EDT | Actualisé 13/08/2015 04:42 EDT

Élections fédérales: D'autres actions de perturbation à prévoir en campagne concernant Énergie Est

oleoducenergieest.com

Les opposants au projet d'oléoduc Énergie Est prévoient talonner les chefs fédéraux tout au long de la campagne. Et il y a fort à parier que Thomas Mulcair et Justin Trudeau devront composer avec le type d'actions de perturbation que l'on a vu au cours des derniers jours.

Le mouvement Stop oléoduc, dont certains membres de la succursale de Québec ont scandé des slogans pendant le point de presse du chef néo-démocrate Thomas Mulcair, mercredi, est l'un de ceux qui promet d'être au rendez-vous.

"On veut un véritable débat sur Énergie Est, et on souhaite que ça devienne un enjeu électoral. Les partis, eux, n'attendent qu'une chose: qu'on mette ça sur la glace", a fait valoir Anne-Céline Guyon, coordonnatrice et porte-parole du mouvement.

C'est en menant des actions de visibilité, en déployant des banderoles et en hurlant son opposition que l'on forcera les politiciens à se commettre. "C'est clair que ça va faire partie des actions citoyennes, la période électorale est la seule où on nous écoute", plaide-t-elle.

Le groupe environnemental Équiterre mène pour l'instant sa bataille sur un autre terrain - celui des ondes - en diffusant dans la région de Québec une publicité télévisée sur le projet d'oléoduc que caresse TransCanada.

Mais son directeur principal, Steven Guilbeault, se dit "convaincu" que d'autres discours et points de presse seront interrompus par des groupes citoyens qui réclament du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Parti libéral du Canada (PLC) une position plus claire sur Énergie Est.

"Je suis certain que les gens vont continuer à se mobiliser. Je pense que ces perturbations sont le fait de groupes citoyens qui sont très mobilisés au Québec autour d'Énergie Est", expose-t-il.

Même son de cloche du côté de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQPLA), qui évite traditionnellement de prendre part à ce type d'actions de perturbation en période électorale afin de préserver sa neutralité.

"De plus en plus, dans ce dossier-là et dans celui des énergies fossiles, on voit des actions citoyennes autonomes, organiques, et pas nécessairement organisées (par un groupe environnemental)", souligne la directrice des communications de l'organisation, Louise Lévesque.

Pour l'heure, la principale cible des critiques semble être Thomas Mulcair _ avant de voir son point de presse de Québec perturbé, il avait été pris à partie par deux manifestantes lors du lancement de son autobiographie du côté de Toronto.

Et sur le plan politique, au Québec _ où le NPD détenait une majorité de sièges à la dissolution du Parlement _, les bloquistes tapent sur ce clou depuis des mois et accusent le chef néo-démocrate d'envoyer des signaux contradictoires.

Les néo-démocrates n'ont de cesse de plaider que leur position est claire: pour donner le feu vert au projet de plus d'un milliard $, il faut un mécanisme d'examen environnemental crédible, un processus qu'a selon eux "éviscéré" le premier ministre conservateur Stephen Harper.

Cette position est très similaire à celle du chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, rappelle Steven Guilbeault, qui exhorte les chefs à lever le voile sur leurs véritables intentions, par respect pour les électeurs.

"Je pense que les gens ont le droit d'avoir des réponses claires de personnes qui veulent gouverner le Canada. Ce projet-là, à lui seul, permettrait l'augmentation de la production dans les sables bitumineux équivalente à l'ajout de 36 millions de véhicules sur les routes du Québec", expose-t-il.

Au NPD, on refuse de préciser si M. Mulcair tranchera catégoriquement sur la question d'ici le scrutin du 19 octobre, alors que la Commission de l'énergie de l'Ontario vient de conclure que le projet comporte plus de risques environnementaux et économiques que de bénéfices pour les Ontariens.

Galerie photo Les chefs en campagne, élections fédérales 2015 Voyez les images