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13/08/2015 06:39 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Deux hommes reconnus coupables de l'agression d'un journaliste à Hong Kong

Deux hommes ont été reconnus coupables jeudi par la justice de Hong Kong d'une violente agression à l'arme blanche contre un journaliste, une affaire qui avait ravivé les craintes pour la liberté de la presse dans l'ancienne colonie britannique.

Yip Kim-wah et Wong Chi-wah étaient poursuivis pour avoir grièvement blessé Kevin Lau, ancien rédacteur en chef du quotidien d'investigation Ming Pao, connu pour sa plume acerbe envers les autorités chinoises.

Kevin Lau avait été frappé en plein jour en février 2014 par des agresseurs qui avaient pris la fuite en motocyclette.

Les accusés, tout deux âgés de 39 ans, avaient plaidé non coupable des faits qui leur étaient reprochés, démentant avoir joué le moindre rôle dans l'attaque. Ils ont accusé la police de les avoir passés à tabac pour leur extorquer des aveux lors de l'enquête.

D'après l'accusation, ils ont joué le rôle d'hommes de main et s'étaient vu promettre 100.000 dollars de Hong Kong (11.600 euros) chacun. Le parquet n'a toutefois pas identifié de commanditaire éventuel.

Ce qu'a souligné le journaliste lors d'une conférence de presse après le verdict. "J'appelle la police à tout mettre en oeuvre pour trouver le cerveau de l'opération", a-t-il dit, tout en soulignant que le jugement était "important pour la liberté de la presse".

Kevin Lau, 50 ans, qui a reçu six coups de couteau, a expliqué qu'il pensait avoir été attaqué à cause de sa profession. "Je ne vois rien dans ma vie privée qui ait pu motiver une agression aussi violente. Je crois que cela avait un rapport avec mon travail", a-t-il dit.

Quelques semaines auparavant, le journaliste avait été évincé de son poste de rédacteur en chef au profit d'une personnalité réputée plus favorable à Pékin.

Ce limogeage avait provoqué des remous parmi les employés du journal et nourri les inquiétudes quant à une mainmise de plus en plus grande de Pékin sur la presse dans la région semi autonome.

L'ancienne colonie britannique est revenue en 1997 dans le giron chinois. Dotée d'un statut de région administrative spéciale (RAS), elle bénéficie en principe d'une large autonomie en vertu du modèle "un pays, deux systèmes" et ses habitants jouissent d'une liberté de parole inconnue sur le continent.

La sentence sera rendue le 21 août.

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