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13/08/2015 00:29 EDT | Actualisé 12/08/2016 01:12 EDT

Corée du Sud: la présidente gracie un puissant homme d'affaires

La présidente sud-coréenne a annoncé jeudi avoir gracié 6.500 condamnés, dont le patron du troisième conglomérat du pays en train de purger une seconde peine de prison pour une escroquerie à plusieurs millions d'euros.

L'élargissement de Chey Tae-Won, président du groupe SK, ne devrait pas manquer d'être critiqué en Corée du Sud.

La présidente sud-coréenne avait fait campagne sur le fait qu'il fallait faire le ménage dans les puissants "chaebols" sud-coréens souvent dirigés dans une totale opacité par leur famille fondatrice.

"J'ai décidé d'accorder des grâces spéciales afin de contribuer à forger la réconciliation nationale et à revitaliser l'économie", a dit Mme Park lors d'une réunion gouvernementale, en référence au 70e anniversaire samedi de la libération de la péninsule coréenne de l'occupation japonaise.

Le ministre de la Justice Kim Hyun-Woong a expliqué pour sa part que des entrepreneurs figuraient parmi les graciés "afin de donner un coup de fouet à l'économie en leur accordant une chance d'y contribuer".

Outre M. Chey, une dizaine d'autres entrepreneurs moins connus en ont bénéficié.

Les conglomérats sud-coréens, y compris les trois premiers d'entre eux -Samsung, Hyundai et SK- se retrouvent régulièrement englués dans des scandales de corruption. Leurs dirigeants sont souvent graciés ou remis en liberté conditionnelle au titre des services rendus, passés et futurs, à l'économie.

La présidente avait cependant promis de faire table rase de ces pratiques lors de la campagne électorale de 2012 pour la présidentielle.

Le président de SK, 54 ans, a été condamné à 48 mois de prison pour avoir détourné en 2008 46,5 milliards de wons (35 millions d'euros) de deux filiales du groupe pour les investir dans son portfolio personnel d'actions. Il a purgé 31 mois de sa peine.

Le dirigeant avait déjà été condamné en 2003 pour falsification de bilan à trois ans de prison. Il avait été libéré au bout de sept mois avant d'être gracié.

Un sondage réalisé le mois dernier par Korea Gallop auprès d'un millier de personnes avait révélé que 54% d'entre elles étaient hostiles à ce que les dirigeants de "chaebols" bénéficient d'une grâce présidentielle, contre 33% d'avis contraire.

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