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13/08/2015 04:37 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Burundi: Nkurunziza a "déclaré la guerre" au peuple et doit quitter le pouvoir (opposition)

Le président burundais Pierre Nkurunziza a "déclaré la guerre" à son peuple en s'entêtant à rester au pouvoir, a dénoncé jeudi l'opposant historique Léonard Nyangoma, président d'une large coalition d'opposition, qui a appelé au "départ immédiat" du chef de l'Etat et à la mise en place d'un "processus de transition".

"Le régime en place à Bujumbura veut à tout prix rester au pouvoir, il a déclaré la guerre au peuple burundais qui résiste avec une grande dignité", a estimé M. Nyangoma, dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

"La situation est extrêmement grave: politique, socio-économique. La sécurité se dégrade de jour en jour, le régime s'acharne particulièrement contre les manifestants anti-troisième mandat et leurs leaders, avec de nombreuses arrestations, des tortures, des assassinats et des atrocités", a-t-il dénoncé.

Personnage clé de la vie politique du pays, membre fondateur du parti au pouvoir (CNDD) en 1994, M. Nyangoma a été désigné début août lors d'une réunion à Addis Abeba président du Cnared, le Comité national pour le respect des accords d'Arusha et le respect de la Constitution et de l'Etat de droit.

Cette coalition, "très large et très importante dans l'histoire du Burundi" selon M. Nyangoma, regroupe des personnalités politiques de premier plan en exil, des opposants mais également des représentants de la société civile, avec comme objectif d'opposer un front commun au camp présidentiel.

Le Burundi est plongé dans une très grave crise politique depuis l'annonce en avril de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat, jugé anticonstitutionnel par ses adversaire, et sa réélection contestée mi-juillet.

Un vaste mouvement de contestation populaire a été réprimé implacablement par le pouvoir, près d'une centaine de personnes ont été tuées, et les violences rappellent la terrible guerre civile qui avait ensanglanté le pays de 1993 à 2006 entre l'armée dominée par la minorité tutsi et des rébellions hutu (dont est issu l'actuel parti présidentiel CNDD-FDD).

"Depuis le début de la crise, le régime a essayé de jouer sur la corde ethnique, mais cela ne prend pas, c'est une déception pour eux", s'est félicité M. Nyangoma.

"Le peuple s'est réconcilié, l'accord de paix d'Arusha (qui a mis fin à la guerre civile) a créé un esprit d'entente, de bonne cohésion entre les principales composantes de la société", a-t-il observé, appelant "le peuple burundais à rester serein et uni".

hba/jhd