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13/08/2015 07:57 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Burundi: le CNDD-FDD salue le "miracle divin" de la réélection de Pierre Nkurunziza

Le parti au pouvoir au Burundi a salué comme un "miracle divin" la réélection mi-juillet du président Pierre Nkurunziza et promis la mise en place prochaine d'un "gouvernement d'union nationale", dans un communiqué rendu public jeudi.

"Nous livrons ce message après la victoire éclatante de notre parti CNDD-FDD aux élections communales, législatives, présidentielle et sénatoriales", de juin et juillet dernier, déclare ce texte.

"Les élections ont été bien organisées", malgré les "efforts" et les "pièges tendus" par "certains Burundais qui n'aiment pas leur pays, en connivence avec certains étrangers", avec notamment comme objectif "d'étrangler la démocratie".

"Au regard du pas que le Burundi a déjà franchi (...), nous osons affirmer que c'est un miracle divin. Dieu nous a protégés et a gardé le Burundi (...), Merci Dieu, merci de nous avoir protégés contre tous ces fléaux puisque au sein de notre parti, Dieu occupe la première place".

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis l'annonce en avril de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat, jugé anticonstitutionnel par ses adversaires. Malgré un vaste mouvement de contestation populaire, sa réélection mi-juillet, après des législatives et des sénatoriales boycottées notamment par l'opposition et la société civile, a été dénoncée par la quasi totalité de la communauté internationale.

"Nous attendons avec joie la prestation de serment" du président Nkurunziza, qui "aura lieu avant la fin de ce mois d'août", explique le CNDD-FDD. Le chef de l'Etat procédera ensuite "à la formation d'un nouveau gouvernement qui va mettre en application tout le programme que le parti a promis au peuple burundais".

"Nous portons à la connaissance des Burundais, de la sous-région et de la communauté internationale qu'un gouvernement d'union nationale sera mis en place", annonce le parti présidentiel.

Ses membres seront "issus des partis politiques qui ont participé aux différents scrutins, sans oublier d'autres Burundais qui auront manifesté un bon esprit et une volonté manifeste de construire leur patrie", précise le communiqué, ajoutant que "tout cela se fera dans le strict respect de la Constitution".

Concernant les négociations avec l'opposition, aujourd'hui au point mort, "le dialogue est nécessaire" même si "malheureusement certains partis politiques, certaines organisations de la société civile ont voulu se cacher derrière ce dialogue pour en fin de compte parachever leur projet maléfique de renverser les institutions démocratiquement élues".

Le CNDD-FDD souhaite que ce dialogue "puisse continuer", qu'il soit "inter-burundais" et que "les étrangers ne s'ingèrent pas beaucoup" car certains l'ont fait "comme des mercenaires ou des néocolonialistes".

"Même s'il s'observe sur le terrain des actes ignobles d'assassinats ciblés et d'autres maux, le pays est tranquille dans tous ses coins et recoins", assure le parti présidentiel, alors que les violences ont atteint ces dernières semaines un niveau alarmant d'intensité.

"Mais à voir le degré et la fréquence par lesquels les armes illégalement portés sont saisies des mains des Burundais radicaux", le CNDD-FDD appelle ses militants à "rester vigilants".

Il rend par ailleurs un vibrant hommage au général Adolphe Nshimirimana, cacique du régime et homme fort de l'appareil sécuritaire, tué le 2 août dans une attaque à la roquette. "Personne ne peut énumérer tous les hauts faits que cet illustre officier a pu réaliser pour son pays", assure le parti à propos de ce "héros", accusé de multiples exactions et assassinats par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'homme.

hba/jhd