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13/08/2015 01:36 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Birmanie: la police investit le siège du parti au pouvoir

La police birmane a pénétré mercredi soir au sein du siège du parti au pouvoir en pleine conférence sur les élections à venir, d'après plusieurs membres du parti en proie à une lutte interne à quelques semaines d'un scrutin crucial.

"La police a pénétré dans l'enceinte du parti la nuit dernière. Depuis, personne n'a été autorisé à entrer ou sortir", a raconté jeudi matin à l'AFP Toe Naing Mann, le fils du président du Parlement et chef du parti Shwe Mann.

Il a ajouté que de "soi-disant gardes" étaient également à la résidence de son père dans la capitale Naypyidaw.

Ces événements interviennent alors qu'une lutte est engagée au sein du Parti pour la solidarité et le développement de l'Union (USDP, majoritaire) avant les élections législatives prévues pour le 8 novembre.

Ces derniers mois, la tension entre Shwe Mann et le président actuel Thein Sein, tous les deux d'anciens généraux qui avaient abandonné leur uniforme pour prendre part aux élections controversées de 2010, est montée d'un cran.

Shwe Mann a récemment publiquement salué l'idée de travailler en étroite collaboration avec Aung San Suu Kyi, chef de file de l'opposition, et s'est opposé à d'autres anciens généraux sur la question du poids de l'armée au sein du Parlement notamment.

La Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), le parti de Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée à l'époque de la junte, est donnée favorite pour ces élections mais la lauréate du prix Nobel de la Paix ne peut pas espérer devenir présidente en raison d'un article de la Constitution qui lui barre la route de la fonction suprême.

Les partis ont jusqu'à vendredi pour déposer leur liste de candidats pour les élections et plusieurs sources au sein de l'USDP ont expliqué Shwe Mann était réticent à soutenir les candidats loyaux au président.

Jeudi matin, environ une demi-douzaine de policiers gardaient la porte principale du siège du parti, a constaté une journaliste de l'AFP sur place.

D'après une source au sein de l'USDP, qui souhaite rester anonyme et n'était pas présente à Naypyidaw, environ 100 policiers ont bouclé les portes du siège mercredi soir. D'après lui, le plan est d'exclure Shwe Mann de son poste de chef de parti et d'imposer "une nouvelle structure".

"Nous ne nous attendions pas à cela. Il y a certains désaccords au sein du parti, mais tout cela n'est pas bon - ni pour le parti ni pour l'avenir du pays", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du gouvernement Ye Htut, qui n'est pas membre de l'USDP, a confirmé que des réunions étaient en cours pour "réformer la direction du parti".

D'après une source proche d'Aung San Suu Kyi, cette dernière a annulé un déplacement prévu ce week-end.

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