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13/08/2015 09:59 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

Azerbaïdjan: la militante des droits de l'Homme Leyla Yunus condamnée à 8,5 ans de prison

La militante azerbaïdjanaise des droits de l'homme Leyla Yunus a été condamnée jeudi à 8 ans et demi de prison pour "escroquerie" et "fraude fiscale", a déclaré à l'AFP son avocat Ramiz Mamedov, dénonçant des accusations "absurdes".

L'époux de la militante, Arif Yunus, a été condamné à 7 ans de prison pour les mêmes motifs, a précisé l'avocat.

"Les accusations d'escroquerie et de fraude fiscale n'ont nullement été prouvées au cours du procès", a affirmé M. Mamedov.

Leyla Yunus, 59 ans, directrice de l'Institut pour la paix et la démocratie, et son mari Arif, un analyste politique réputé, avaient été arrêtés l'été dernier sous les chefs d'accusation de "trahison" et de "fraude fiscale".

La justice azerbaïdjanaise accuse notamment Leyla Yunus d'espionnage au profit de l'Arménie et de tentative de "propagande visant à faire reconnaître le régime du Nagorny Karabakh", une région séparatiste que se disputent l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a dénoncé ce "verdict honteux" prononcé à l'issue d'un procès marqué par des "violations de toutes les normes internationales".

La date du procès pour trahison visant le couple n'a pas été fixée pour l'heure.

Incarcérée depuis un an, Leyla Yunus, qui souffre selon ses avocats d'une nécrose du foie, avait affirmé "avoir été battue dans son centre de détention". Le ministère de la Justice avait cependant démenti ces accusations.

Les Etats-Unis, la France et des ONG de défense des droits de l'Homme parmi lesquelles Human Rights Watch avaient appelé à multiples reprises à la libération de cette femme qui milite depuis plusieurs années en faveur de la réconciliation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le statut du Nagorny-Karabakh.

Cette région peuplée majoritairement d'Arméniens a été l'enjeu d'une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.

Les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le régime du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dont toute contestation provoque aussitôt selon elles une réaction sévère des autorités de ce pays du Caucase riche en pétrole.

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