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13/08/2015 10:46 EDT | Actualisé 13/08/2016 01:12 EDT

A Paris, "Tel Aviv sur Seine" et "Gaza Plage" cohabitent sous haute surveillance

La journée controversée "Tel Aviv sur Seine", organisée par la mairie de Paris dans le cadre de "Paris Plages", se tenait jeudi sous haute protection mais dans le calme, à deux pas d'une manifestation "Gaza Plage" à l'appel d'organisations propalestiniennes.

Plusieurs centaines de policiers ont été dépêchés et des détecteurs de métaux installés pour assurer la sécurité de 200 mètres de berges de Seine sur les 2,3 kilomètres rendus aux piétons le temps de quatre semaines d'été dans la cadre de "Paris Plages", une opération annuelle de la mairie de la capitale française.

A l'intérieur du périmètre de sécurité, guère différent des autres espaces de "Paris Plages", du sable, des parasols et des affiches étaient censés évoquer l'ambiance balnéaire de la grande ville israélienne.

Mais les opposants à l'opération évoquent l'"indécence" d'une telle manifestation un an après l'opération israélienne à Gaza et reprochent à la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, d'occulter la politique israélienne dans les territoires palestiniens.

"Même dans le contexte enlisé du conflit israélo-palestinien, Tel Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants", s'est justifiée Anne Hidalgo.

En début d'après-midi, plusieurs centaines de personnes se promenaient ou s'étaient installées sur les transats alignés pour cette opération d'un jour organisée jusqu'à 20H00 GMT, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Certains visiteurs jouaient aux raquettes de plage au son d'une musique israélienne ou faisaient la queue devant des cantines éphémères.

Tête nue ou bien portant la kippa ou un chapeau "Israel" offert par les organisateurs, beaucoup affirmaient leur sympathie pour Israël.

"C'est un acte de solidarité avec le peuple juif d'être venue aujourd'hui", explique ainsi Cecilia, une Italienne allongée sur un transat, qui avoue avoir "un peu peur que cela dégénère" avec la manifestation propalestinienne adjacente.

Mais la quiétude du lieu est à peine troublée par les "Palestine vivra ! Palestine vaincra !", provenant de l'autre côté du Pont Notre-Dame, où se tient la concurrente et non officielle "Gaza Plage".

Une centaine de militants ont déployé un drapeau palestinien géant et installé des stands d'information ou de ventes de produits (keffieh, épices) sur la chaussée. Certains portaient des t-shirt "Boycott Israël", d'autres des banderoles dénonçant le "fascisme israélien".

La sono, mêlant chants traditionnels palestiniens, chansons engagées et discours, entamait un duel à distance avec la musique "lounge" israélienne.

"La mairie de Paris voudrait faire de Tel Aviv une ville comme les autres, alors qu'elle est +capitale+ d'un Etat colonialiste qui bombarde des populations civiles", dénonce Serge Bonal, membre de l'association EuroPalestine, qui avait lancé avec une dizaine d'organisations un appel à "informer la population de la réalité de la situation".

- "50 visiteurs pour 500 journalistes" -

La polémique a été abondamment relayée par les médias au creux de l'été et les journalistes étaient nombreux jeudi sur les quais de Seine.

"Il y a 50 visiteurs pour 500 journalistes, j'ai l'impression d'être sur la Croisette !" (à Cannes lors du festival de cinéma, ndlr), plaisante un badaud.

"Pour moi, c'est une journée culturelle, pas politique", estime Jean, un autre curieux: "On a trop médiatisé cet événement. Si on met de la politique partout, c'est la fin du monde".

Le Premier ministre Manuel Valls a affirmé mercredi son "soutien total" à la maire de Paris qui a refusé d'annuler "Tel Aviv sur Seine", comme le demandaient des élus, notamment du Parti de gauche et du Parti communiste. La droite parisienne a en revanche soutenu l'opération.

L'été dernier, en pleine offensive israélienne à Gaza, des manifestations de soutien aux Palestiniens, interdites en raison des risques de violence, avaient dégénéré notamment dans le quartier populaire de Barbès, à Paris, et à Sarcelles (nord de la capitale).

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