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11/08/2015 01:03 EDT | Actualisé 11/08/2015 01:50 EDT

Montréal éliminera complètement l'enfouissement des matières organiques d'ici 2019

paul mansfield photography via Getty Images

Les Montréalais habitant des résidences de moins de huit logements devront envoyer leurs restes de table au compostage d'ici 2019. La Ville de Montréal imposera la collecte des résidus alimentaires à ses citoyens sur l'ensemble de son territoire.

Les Montréalais se verront ainsi graduellement remettre des bacs bruns - au rythme de 50 000 à 90 000 adresses de plus par année - afin de participer à l'effort de réduction des matières résiduelles prenant la route de l'enfouissement.

Les résidus verts et alimentaires représentent 47 % du contenu des sacs-poubelle des Montréalais qui envoient quelque 550 000 tonnes d'ordures ménagères à l'enfouissement chaque année. Des opérations qui coûtent 50 millions de dollars annuellement aux contribuables montréalais.

Plus du quart de ces ordures ménagères (27 %) est constitué de résidus alimentaires.

Montréal entend ainsi se conformer à la politique québécoise de gestion des matières résiduelles organiques qui prévoit le bannissement de ces matières des sites d'enfouissement de déchets d'ici 2020.

Les citoyens recevront un petit bac brun pour la cuisine et un plus gros pour mettre à la rue. À terme, Montréal aura dépensé 12 millions de dollars afin de munir chacune des résidences de bacs de compostage.

Quelque 100 000 Montréalais de neuf arrondissements profitent déjà de ce service.

La Ville étendra ainsi son programme de compostage à l'ensemble de son territoire avant même la construction des quatre centres de traitements des résidus organiques dont la livraison est prévue pour 2019.

Dans l'intervalle, les résidus alimentaires seront dirigés - aux coûts de 165 millions de dollars par année - vers des centres privés situés à Joliette et à Lachute.

« Je crois qu'on ne peut plus se permettre d'attendre », a déclaré mardi le maire Coderre en conférence de presse. « Comme dirait Ban Ki-moon [le secrétaire général de l'ONU], il n'y a pas de plan B pour la planète ».

La construction des quatre centres de traitements des matières organiques coûtera quelque 260 millions de dollars à la Ville de Montréal. Un « investissement », insiste le maire Coderre, qui permettra à la Ville, à terme, de réaliser des économies.

Des efforts insuffisants

L'opposition à l'hôtel de ville juge les efforts de l'administration Coderre insuffisants puisque le tiers des Montréalais, qui habitent dans des résidences de plus de huit logements, sont laissés pour compte.

« On vise 100 % de valorisation pour la collecte putrescible pour 2020 », avance la conseillère de parti Projet Montréal Érika Duchesne. « Avec la stratégie qu'on nous a présentée ce matin, ce sera seulement les deux tiers des foyers montréalais qui seront desservis en 2020. »

« Il n'y a rien dans cette stratégie-là pour les habitations de neuf logements et plus, d'une part, et rien non plus sur les commerces, les institutions et les industries. »

Érika Duchesne

Conseillère de l'arrondissement Rosemont, Mme Duchesne estime que le plan manque d'ambition et que son implantation est beaucoup trop lente.

Dans les neuf arrondissements où il n'y a qu'une seule collecte hebdomadaire des ordures ménagères, une collecte des résidus alimentaires sera ajoutée. Là où il y a deux collectes hebdomadaires, l'une de ces collectes sera transformée en collecte de résidus alimentaires.

L'administration Coderre entend miser sur la pédagogie et la communication pour effectuer le changement de culture au sein de la population. Elle n'exclut toutefois pas de recourir à une réglementation dans l'éventualité où les citoyens bouderaient le service.

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