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10/08/2015 00:16 EDT | Actualisé 09/08/2016 01:12 EDT

USA: Ferguson se recueille un an après la mort de Michael Brown, un magasin saccagé

Un magasin a été saccagé dimanche soir à Ferguson où s'étaient recueillies dans la journée des centaines de personnes, à l'endroit où Michael Brown, un jeune Noir non armé, a été abattu par un policier blanc il y a un an.

A l'issue de la manifestation qui a rassemblé quelque 300 personnes, une cinquantaine de casseurs ont pillé un magasin de beauté de cette ville du Missouri (centre).

Plus tôt dimanche, les manifestants, portant pour beaucoup des t-shirts à l'effigie du jeune homme mort à 18 ans, ont observé quatre minutes trente de silence pour symboliser les quatre heures et demi pendant lesquelles le corps de Michael Brown était resté dans la rue, face contre terre, avant d'être transporté à la morgue.

Deux colombes blanches ont été lâchées au-dessus de la foule, où se trouvait la famille de Michael Brown et ses proches, pour marquer l'anniversaire de sa mort, le 9 août 2014.

"Arrêtez de tuer les enfants noirs" pouvait-on lire sur une pancarte, où étaient dessinées deux pistolets barrés comme en signe d'interdiction. "Black lives matter" ("la vie des Noirs compte"), était-il écrit à la main sur une autre, du nom du mouvement apparu après la mort de Michael Brown.

Les manifestants ont ensuite entamé une marche silencieuse jusqu'à une église qui avait servi de refuge lors des violentes émeutes ayant agité Ferguson en novembre 2014, après l'annonce de l'abandon des poursuites contre le policier blanc.

Dimanche, le père de Michael Brown a fait part de sa reconnaissance aux nombreux manifestants. "Si vous n'étiez pas là, ça aurait fini caché sous le tapis. Alors je veux simplement dire à tous tout mon amour", a-t-il lancé à la foule.

A New York, des dizaines de personnes se sont rassemblées à Union Square pour une veillée en hommage à Michael Brown, en solidarité avec les manifestants de Ferguson et pour appeler à de nouvelles manifestations contre les violences policières envers les minorités.

Une centaine de manifestants s'était auparavant retrouvés à Brooklyn pour un "die-in" (action pendant laquelle les participants simulent la mort), a constaté un photographe de l'AFP. Quelques personnes ont été arrêtées par la police.

- Timides progrès -

Le décès de Michael Brown avait ravivé des tensions raciales qui se sont depuis encore exacerbées aux Etats-Unis au fil d'affaires de brutalité policière envers des Noirs, déclenchant une vague de colère et d'indignation.

Vendredi, un policier a encore abattu un étudiant noir de 19 ans non armé, Christian Taylor, qui avait foncé avec sa voiture dans la vitrine d'un concessionnaire automobile au Texas (sud).

Un an après la mort de Michael Brown, le président de la NAACP, plus importante association de défense des droits civiques des Noirs américains, estime que les mentalités ont beaucoup changé. Mais les réformes législatives qui permettraient notamment d'obliger la police à rendre plus de comptes et de mieux former ses agents avancent à un rythme "glacial", a ajouté Cornell William Brooks, dimanche lors d'un entretien sur la chaîne CBS.

Barack Obama a lui rejeté les critiques accusant le premier président américain Noir de ne pas en avoir assez fait pour lutter contre le racisme au cours de ses deux mandats.

"Je me sens pris d'une grande urgence pour accomplir autant que possible" avant de quitter le pouvoir en janvier 2017, a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé à la radio NPR, dont des extraits ont été diffusés dimanche.

- Incidents -

A Ferguson, plusieurs centaines de personnes menées par le père de Michael Brown et ses proches avaient déjà défilé pacifiquement samedi.

Dans la soirée, quelque 200 manifestants s'étaient montrés plus agressifs et certains sont passés par dessus une barricade de police pour faire face aux forces de l'ordre.

"Hey, hey, ho, ho, ces policiers tueurs doivent partir", scandaient-ils. Des manifestants ont fait rôtir un cochon surmonté d'un casque de policier et tenté de donner la tête aux agents.

En novembre, les émeutes de Ferguson s'étaient propagées à d'autres grandes villes américaines et elles ont relancé le débat dans le pays sur la manière dont les policiers blancs ont recours à la force contre les Noirs, surtout les hommes jeunes.

La police de Ferguson a été la cible de maintes critiques notamment pour son racisme -- qui a été confirmé par un rapport accablant du ministère de la Justice -- et pour ses méthodes paramilitaires de gestion des manifestations, avec des véhicules blindés.

Le chef de la police et plusieurs responsables de la ville et de la justice locale ont démissionné ou été remplacés.

Le nouveau chef de la police, nommé récemment, est un Noir. Il s'est engagé à instiller le "respect, la conscience culturelle et le professionnalisme que la communauté mérite".

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