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10/08/2015 04:58 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Une "Journée Tel Aviv" à Paris: les esprits s'échauffent

Les esprits s'échauffent à l'approche d'une journée "Tel Aviv sur Seine" jeudi à Paris, à l'invitation de la maire Anne Hidalgo, sur les berges de la capitale française transformées comme chaque été en plage estivale.

La polémique se dessine depuis ce week-end avec une pétition en ligne qui réclame son annulation et des opposants qui font valoir un contexte particulièrement mal choisi, après la mort d'un bébé palestinien brûlé vif dans un attentat perpétré par des colons israéliens.

La première salve politique a été tirée par une élue de Paris, Danielle Simonnet (Parti de Gauche), qui dénonce "le cynisme" et "l'indécence" d'une telle journée "tout juste une année après les massacres sur la Bande de Gaza par l'Etat et l'armée israélienne et alors que le gouvernement israélien intensifie sa politique de colonisation avec les drames que l'on connaît".

Lundi, Mme Simonnet a "craint beaucoup que ça se passe très mal" jugeant aussi que "c'est un très mauvais message qui est envoyé".

"Tel Aviv, c'est pas Copacabana. Tel Aviv, c'est la capitale d'Israël", a-t-elle insisté, estimant qu'il s'agirait "pour le gouvernement israélien, (d')une belle opération de com' que la ville (de Paris) lui sert sur un plateau".

Une pétition réclamant l'annulation de la journée, dans laquelle les signataires expriment leur "consternation", avait recueilli près de 12.000 signatures lundi à la mi-journée.

La Mairie de Paris, qui maintient jusqu'à nouvel avis le rendez-vous du 13 août sur les bords de Seine, appelle à éviter "l'amalgame entre la politique brutale du gouvernement israélien et Tel Aviv, ville progressiste".

"Ceux qui refusent ce partenariat sont les mêmes qui appellent au boycott global d'Israël. Nous, nous ne voulons pas punir une population et des villes qui oeuvrent pour la paix", fait valoir le premier adjoint Bruno Julliard.

"Ce partenariat s'est construit en mai, lors des voyages d'Anne Hidalgo dans des villes israéliennes et palestiniennes", a-t-il rappelé, soulignant que la capitale française souhaite "renforcer les échanges entre Paris et des villes tant d'Israël que de Palestine".

Le débat est également très vif sur Twitter avec le hashtag #TelAvivSurSeine, entre pro- et anti.

A droite le député des Républicains (ex UMP,le parti de Nicolas Sarkozy) Eric Ciotti a dénoncé une polémique "aux relents antisémites", accusant "l'extrême gauche" parisienne.

bur-ach/jhd