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10/08/2015 17:59 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Une candidate libérale propose de limiter les envois postaux des députés

OTTAWA — Une candidate libérale de la région d'Ottawa croit que les électeurs reçoivent trop de courrier de la part de leurs députés et elle souhaite limiter les dépenses des partis dédiées à ces envois postaux, qui sont financés par les contribuables eux-mêmes.

Si elle est élue dans la circonscription d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna s'engage à travailler pour diminuer le nombre d'envois permis aux membres du Parlement. Ces brochures coûtent chaque année des millions $ aux Canadiens — une perte d'argent considérable à l'ère numérique, selon Mme McKenna.

La politicienne prône une réduction de moitié des frais liés aux envois postaux pour les députés en région urbaine, soit en diminuant les montants alloués par le Parlement ou en réduisant le nombre de documents permis à envoyer.

À l'heure actuelle, les élus peuvent utiliser leur budget parlementaire pour expédier quatre lettres d'information par année à chaque foyer canadien, ainsi que des dépliants appelés «dix pour cent» — qui peuvent être distribués à seulement 10 pour cent de leur circonscription à la fois.

L'année dernière, 4,6 millions $ ont été dépensés sur les lettres d'informations quadrimestrielles, tandis que les «dix pour cent» ont coûté 2,3 millions $ aux contribuables.

Mme McKenna affirme qu'elle n'exigerait pas les mêmes limites pour les députés des régions rurales étant donné que les services Internet n'y sont pas aussi accessibles et que les députés ne peuvent pas voir aussi souvent leurs électeurs en personne.

Les règles entourant les envois postaux sont établies par le Bureau de régie interne de la Chambre des communes, un comité multipartite et secret qui surveille les dépenses des élus.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a vécu récemment de nombreux déboires avec ce bureau, et le Parti conservateur n'ont pas rappelé La Presse Canadienne pour commenter la proposition de la candidate.

En 2009, le Parti conservateur avait été critiqué pour avoir utilisé ses documents «dix pour cent» pour attaquer les députés de l'opposition. À l'époque, les députés pouvaient envoyer les dépliants partout au pays, tant que la population visée représentait l'équivalent de dix pour cent de leur circonscription.

L'année suivante, les libéraux avaient présenté une motion à la Chambre des communes — une proposition qui avait d'abord été rejetée par les néo-démocrates — pour restreindre les envois des députés à leur seul comté.

Le NPD avait finalement voté en faveur de la motion, ce qui avait permis son adoption à l'époque, malgré l'opposition des conservateurs — qui étaient minoritaires au Parlement.

Dans la dernière année, plusieurs députés du NPD ont été accusés par le Bureau de régie interne d'utiliser des fonds publics pour financer des «bureaux satellites» à travers le pays. Contraint de rembourser des millions $, le parti conteste la décision en Cour fédérale.

Stephanie Levitz , La Presse Canadienne