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10/08/2015 15:54 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Nouveau conflit salarial sur le chantier du canal de Panama

Les travaux d'élargissement du canal de Panama, déjà retardés par des conflits sociaux et financiers, pourraient être à nouveau paralysés alors que les ouvriers réclament de meilleurs salaires, a indiqué lundi le gestionnaire du canal.

"Le projet avance à bon rythme (mais) nous sommes inquiets à l'idée qu'un chantier aussi important pour notre pays soit pris en otage" pour soutenir ces revendications salariales, a déclaré lors d'une conférence de presse Jorge Quijano, l'administrateur de l'Autorité du canal de Panama (ACP).

Prévue pour être terminée en 2014, à l'occasion du centenaire de ce canal de 80 kilomètres par où transite 5% du commerce maritime mondial, l'infrastructure élargie - qui permettra de tripler sa capacité - devrait finalement être opérationnelle en avril 2016.

Les travaux, entamés en 2007, ont pris du retard, notamment en raison d'un conflit financier entre le consortium d'entreprises GUPC (Groupe Unis pour le canal), chargé du chantier, et l'ACP sur la répartition de surcoûts apparus au fil des opérations.

Le chantier, estimé au départ à 5,25 milliards de dollars - mais ce budget a été dépassé - a également été bloqué par des grèves d'ouvriers réclamant de meilleurs salaires.

Cette fois, c'est le principal syndicat d'ouvriers du Panama, Suntracs, qui menace de faire grève à partir de mercredi si un accord pour des hausses de salaires n'est pas trouvé d'ici là avec le GUPC.

Les augmentations réclamées coûteraient 6 à 7 millions de dollars, le chantier employant 6.000 travailleurs, a expliqué lundi Jorge Quijano, précisant que le GUPC a exigé à l'ACP de payer une partie de ces coûts, ce que refuse l'Autorité.

"C'est une responsabilité strictement du GUPC, selon le schéma contractuel que nous avons avec eux, de trouver une solution. Que le GUPC n'essaie pas de reporter encore une fois ses responsabilités sur nous", a déclaré l'administrateur, visiblement irrité.

"Ils doivent négocier avec Suntracs et nous espérons que, pour l'intérêt national, cette oeuvre de grande ampleur, non seulement pour notre pays mais pour le monde, ne soit pas à nouveau interrompue", a-t-il dit.

GUPC est constitué de l'Espagnol Sacyr, l'Italien Salini Impregilio, le Belge Jan de Nul et le Panaméen Constructora Urbana.

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