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10/08/2015 15:05 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Les loyalistes reprennent une 4e province du sud aux rebelles (militaires)

Les forces loyalistes au Yémen, appuyées par les frappes de la coalition arabe, ont repris lundi la province d'Abyane, enregistrant un nouveau succès dans leur offensive visant à déloger les rebelles chiites du sud du pays en guerre, selon des responsables militaires.

C'est le quatrième succès pour les forces fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite voisine, depuis la prise à la mi-juillet d'Aden, la capitale du Sud et la deuxième ville du pays.

Outre la province d'Aden, les pro-Hadi affirment contrôler désormais celles de Lahj, Daleh et Abyane, toutes dans le sud, où la population est généralement hostile aux rebelles Houthis.

Lundi, les pro-Hadi ont réussi à chasser les insurgés de Loder, la dernière ville qu'ils contrôlaient encore dans la province d'Abyane, ont précisé à l'AFP des responsables progouvernementaux.

"Abyane est maintenant totalement libre", a affirmé l'un d'eux. Dimanche, les loyalistes avaient reconquis Zinjibar, la capitale de la province.

Il n'était pas possible dans l'immédiat de confirmer auprès des sources houthies la chute totale de la province aux mains des partisans du chef de l'Etat.

Lors des combats à Loder, le vice-président du Parlement en exil Hussein ben Arab, et Mohammed al-Shaddadi, un ex-ministre de l'Intérieur, qui dirigeaient l'offensive loyaliste, ont été blessés, selon des responsables.

Au moins 16 miliciens progouvernementaux sont en outre morts à Abyane ces dernières 24 heures, la plupart dans l'explosion de mines posées par les Houthis dans leur fuite, selon une source médicale.

Soutenus par l'aviation de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite et avec l'aide d'armements et d'équipements modernes fournis par cette coalition, les pro-Hadi ont lancé une offensive pour déloger les rebelles des régions du sud à partir d'Aden.

- Echange de prisonniers -

La prochaine étape devrait être la vaste province désertique de Chabwa, l'un des derniers bastions du camp rebelle dans le sud du Yémen. La progression rapide des pro-Hadi devrait aussi leur permettre d'envisager une reconquête de zones rebelles plus au nord.

Les rebelles contrôlent encore la capitale, Sanaa, et de vastes régions du pays, dont le nord, où se trouve leur fief, Saada.

Partis l'an dernier de Saada, les Houthis, soutenus par l'Iran et alliés à des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, se sont progressivement emparés de larges pans du territoires à la faveur d'une vaste offensive.

Leur entrée à Aden en mars avait provoqué l'exil de M. Hadi et de son gouvernement et entraîné l'intervention de l'Arabie saoudite, qui a alors pris la tête d'une coalition pour mener une campagne aérienne contre les rebelles et les empêcher de prendre le contrôle de l'ensemble du pays.

Par ailleurs, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, est arrivé lundi à Aden de Sanaa avec sept militants sudistes qui ont été ensuite échangés contre sept combattants rebelles, selon des responsables houthis.

Selon un responsable à l'aéroport, les militants du Mouvement sudiste, qui avaient affirmé devant la presse avoir été bien traités pendant leur détention, ont été remis aux Comités de résistance populaires, une force loyaliste, en échange des Houthis.

M. Maurer a pris au Yémen la mesure de la crise humanitaire jugée "catastrophique" dans ce pays en guerre depuis plus de quatre mois. Il a rencontré des responsables de l'administration mise en place par les Houthis à Sanaa et des blessés et personnels médicaux à Aden.

La guerre au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a fait près de 4.000 morts, pour moitié des civils, selon l'ONU. Le CICR estime à 1,3 million le nombre de déplacés.

faw-tp/cbo