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10/08/2015 13:00 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

L'Ukraine met les Occidentaux en garde contre une "escalade dangereuse" dans l'Est

Kiev a entamé lundi des consultations d'urgence avec Paris, Berlin et Moscou concernant l'escalade "dangereuse" des violences dans l'Est séparatiste prorusse après des combats féroces impliquant des chars et de l'artillerie déclenchés, selon Kiev, par les rebelles.

Quatre personnes, trois civils et un soldat ukrainien, ont ainsi péri au cours des dernières 24 heures, selon des bilans séparés annoncés par l'armée et les autorités séparatistes.

Auparavant, les autorités ukrainiennes avaient affirmé avoir repoussé en faisant donner l'artillerie une offensive rebelle menée par quelque 200 hommes appuyés par une dizaine de chars près de la ville de Starognativka, située à mi-chemin entre le bastion séparatiste de Donetsk et le port de Marioupol, dernière grande ville dans la zone du conflit sous contrôle des autorités ukrainiennes.

Le porte-parole de l'armée ukrainienne Andriï Lyssenko a parallèlement fait état d'une intensité inédite de tirs rebelles contre les positions ukrainiennes au cours des dernières 24 heures.

"Il y a eu 127 attaques, un nombre record depuis la bataille de Debaltsevé", un noeud ferroviaire stratégique passé sous contrôle des combattants séparatistes peu après la signature des accords de Minsk 2 en février.

Fait rarissime depuis la trêve instaurée dans le cadre de ces accords signés grâce à la médiation franco-allemande et en présence du président russe Vladimir Poutine, la bataille de Starognativka a poussé le président Porochenko à convoquer son ministre de la Défense et le chef de l'état-major ainsi que le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de Défense pour faire le point de la situation.

- 'Processus de paix menacé' -

Le chef de l'Etat a chargé dans la foulée son ministre des Affaires étrangères Pavlo Klimkine de "mener des consultations d'urgence" avec les pays du format "Normandie" (Russie, France, Allemagne et Ukraine).

Les diplomates sont chargés d'informer les médiateurs des accords de Minsk ainsi que l'OSCE et l'Otan d'"une escalade dans le Donbass et (de) la menace pour le processus de paix", a indiqué le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

"Nous avons fait part de notre inquiétude par les agissements de la Russie et des rebelles qu'elle soutient" selon Kiev, a déclaré Olexiï Makeïev, un responsable du ministère ukrainien en commentant l'entretien téléphonique entre M. Klimkine et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Ce dernier a réitéré un appel à Kiev à établir un dialogue direct avec les séparatistes, selon la diplomatie russe.

M. Klimkine s'est également entretenu par téléphone avec son homologue allemand Frank-Walter Steimeier et devrait parler à son homologue français.

Les combats dans l'Est interviennent au lendemain d'un incendie criminel sur le parking d'un hôtel de Donetsk où sont basés les observateurs de l'OSCE qui surveillent le conflit sur le terrain.

Plusieurs de leurs véhicules blindés ont été détruits, une attaque "inacceptable", a dénoncé lundi l'Union européenne.

"Il semblerait que certaines personnes veuillent que l'OSCE arrête de témoigner de ce qui se passe", avait réagi dimanche l'organisation, qui estime que l'incendie était de la responsabilité des rebelles.

Interrogé par l'AFP, un responsable de l'Otan a indiqué que l'Alliance suivait "de près" les développements en Ukraine tout en insistant sur le fait que "la mise en oeuvre complète des accords de Minsk" était "la voie vers la paix".

"Il est important que les observateurs de l'OSCE puissent poursuivre leur travail en sécurité", a-t-il souligné.

Le chef séparatiste de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a de son côté prédit la semaine dernière qu'il y aurait "une nouvelle spirale des combats".

Le secrétaire du conseil ukrainien de sécurité nationale et de défense Olexandre Tourtchinov a pour sa part estimé lundi que les rebelles concentraient leurs forces "pour percer la défense" ukrainienne.

"Les provocations contre la mission de l'OSCE étaient un élément des préparatifs de l'offensive contre nos positions", a-t-il assuré.

L'est de l'Ukraine, où plus de 6.800 personnes ont péri en seize mois, connaît un regain de violences meurtrières ces dernières semaines.

Trois civils ont trouvé la mort au cours des dernières 24 heures dans "les bombardements de l'armée ukrainienne", a rapporté le site officiel séparatiste.

L'armée ukrainienne a de son côté fait état d'un soldat tué, un porté disparu et seize blessés.

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