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10/08/2015 09:17 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Irak: le chef du Parlement appelle au limogeage des ministres "corrompus"

Le président du Parlement irakien a appelé lundi le Premier ministre à limoger les ministres qui font preuve de négligence ou de corruption, dans le cadre de l'ambitieux plan de réformes approuvé dimanche par le gouvernement.

"Nous appelons le Premier ministre à démettre de leur fonction les ministres qui sont clairement coupables de manquements, de négligence et de corruption", a indiqué Salim al-Joubouri à la télévision, sans citer de noms.

Un responsable au Parlement a toutefois indiqué que les noms des deux ministres en charge de l'électricité et des ressources en eau avaient été proposés lundi lors d'une réunion politique.

M. Joubouri a par ailleurs demandé aux parlementaires d'adopter mardi les réformes présentées par le Premier ministre Haider Al-Abadi et approuvées par le gouvernement. Selon ses services, il a appelé "les blocs politiques à voter demain le plan de réformes gouvernemental" et a indiqué que des mesures complémentaires au plan gouvernemental étaient nécessaires et seraient également discutées mardi au Parlement.

Haider Al-Abadi a présenté dimanche au gouvernement une série de mesures visant à réformer en profondeur le fonctionnement de l'Etat irakien, notamment en supprimant des postes importants, en réduisant le train de vie des fonctionnaires et en améliorant les services publics.

Ces réformes sont destinées à répondre au mécontentement populaire qui s'est exprimé des derniers temps à Bagdad et dans le sud du pays lors de manifestations contre la corruption généralisée de la classe politique, la mauvaise gouvernance et le délabrement des services publics, symbolisé notamment par les fréquentes coupures d'électricité alors que le pays a enregistré des températures dépassant les 50° Celsius.

La semaine dernière, la plus haute autorité chiite d'Irak, l'ayatollah Ali al-Sistani, avait lui aussi mis la pression sur le Premier ministre en l'appelant récemment à "être plus courageux et plus audacieux" dans la lutte contre la corruption.

Plusieurs formations et hommes politiques ont tenté de se ranger dans le camp des protestataires -au moins dans leur discours- afin de profiter de la dynamique de ce mouvement populaire et de réduire les risques d'accusations contre eux.

Mais malgré la pression de la rue et de l'ayatollah Sistani, les efforts visant à assainir le système pourraient être rendus difficiles par le fait que tout le spectre politique irakien profite généralement de la corruption.

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