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09/08/2015 22:34 EDT | Actualisé 09/08/2016 01:12 EDT

Explosion de mines antipersonnel: Séoul accuse la Corée du Nord, promet une réponse "sévère"

La Corée du Sud a accusé lundi la Corée du Nord d'avoir placé des mines antipersonnel qui avaient blessé la semaine dernière deux de ses soldats en patrouille à la frontière, et fait monter d'un cran les tensions dans la péninsule en menaçant Pyongyang de lui faire payer un "prix sévère".

D'après le ministère de la Défense, trois mines antipersonnel ont explosé dans l'incident survenu mardi dernier au passage d'une patrouille sud-coréenne dans la zone démilitarisée (DMZ) qui s'étale sur deux kilomètres de part et d'autre de la frontière entre les deux Corées.

"Nous sommes certains qu'il s'agissait de mines antipersonnel nord-coréennes placées dans l'intention de tuer par nos ennemis qui ont traversé en cachette la frontière militaire", a déclaré Kim Min-Seok, un porte-parole du ministère, à la presse.

Un soldat a dû être amputé des deux jambes. L'autre a perdu une jambe.

"Notre armée (....) fera payer à la Corée du Nord un prix sévère et proportionné pour sa provocation", ont prévenu dans un communiqué les chefs d'état-major de la Corée du Sud.

Il s'agit d'un "acte sans fondement" et d'une "violation injustifiée" des accords de non agression en vigueur, ont-ils poursuivi, avant d'appeler la Corée du Nord à présenter ses excuses pour cet incident et à punir les responsables.

La dernière attaque directe commise contre le Sud date de décembre 2010, lorsque la Corée du Nord avait bombardé l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, en réponse à un exercice militaire de Séoul près de la frontière maritime disputée entre les deux pays. Ce bombardement avait causé la mort de deux soldats et de deux civils sud-coréens, et fait craindre le déclenchement d'un conflit à grande échelle.

Les deux Etats rivaux sont toujours techniquement en guerre, la guerre de Corée (1950-53) ayant pris fin avec un cessez-le-feu plutôt qu'un traité d'armistice.

Le commandement de l'ONU chargé de surveiller l'application du cessez-le-feu a indiqué lundi avoir mené une enquête qui a montré qu'il s'agissait de mines nord-coréennes placées sur un chemin bien connu pour être emprunté par les patrouilles sud-coréennes.

"Les investigations ont déterminé que les engins avaient été placés récemment, excluant la possibilité qu'il puisse s'agir de mines antipersonnel héritées (d'une époque antérieure) qui se seraient déplacées", a dit l'ONU dans un communiqué.

D'après les estimations, plus d'un million de mines ont été disséminées dans la zone frontalière entre les deux Corées, dont un grand nombre ont été larguées par l'aviation dans les années 1960, au plus fort de la guerre froide et de la confrontation avec le Nord.

Cet incident survient à un moment délicat: les deux Corées se préparent à célébrer samedi le 70ème anniversaire de la libération en 1945 de la péninsule coréenne du joug japonais.

Certains avaient émis l'espoir que cet anniversaire soit l'occasion d'un rapprochement mais les efforts effectués pour organiser des cérémonies conjointes ont fait long feu. La Corée du Nord refuse d'envisager des pourparlers tant que Séoul n'annule pas ses exercices militaires annuels avec les Etats-Unis.

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