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10/08/2015 02:40 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Chine: un média du Parti communiste fustige d'"anciens dirigeants" politiques

Un article cinglant du Quotidien du Peuple, porte-voix du Parti communiste chinois, a fustigé lundi l'influence persistante de "dirigeants à la retraite", relançant les spéculations sur de nouvelles offensives d'ampleur dans la lutte anticorruption engagée par le président Xi Jinping.

"Certains dirigeants non seulement ont installé leurs protégés (à des postes clefs), pour créer un environnement favorable leur permettant de continuer à exercer leur influence", relève ce commentaire publié dans les pages du journal.

"Mais ils veulent de surcroît intervenir sur de nombreuses questions cruciales (...) de nombreuses années après avoir pris leur retraite", poursuit le texte, au ton très inhabituel pour un média étatique.

Un tel comportement entrave les "nouveaux dirigeants" et conduit "certaines organisations (...) à se diviser en factions", tout cela "sapant la cohésion et les capacités du Parti", s'alarme l'article, signé par Gu Bochong --haut officier du bureau de politique générale de l'armée.

"Le thé chaud refroidit après le départ des invités, c'est inévitable. Abandonner ses opinions (son influence) après avoir quitté ses fonctions devrait devenir la norme", tranche-t-il.

Le texte a suscité des commentaires allusifs sur les réseaux sociaux chinois, alimentant les spéculations des internautes sur une possible offensive de Xi Jinping contre son prédécesseur Jiang Zemin.

"Est-ce que le thé au gingembre voudrait rester aussi chaud qu'auparavant?", s'amusait un usager de la plateforme Weibo. En mandarin, gingembre se prononcer "jiang", comme le nom de l'ancien chef d'Etat.

Dans le cadre de la campagne anticorruption menée tambour battant par Xi depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, les limogeages de responsables politiques à tous niveaux se sont multipliés, avec comme point d'orgue la disgrâce spectaculaire de Zhou Yongkang, ancien puissant chef de la Sécurité publique et condamné à la prison à perpétuité.

Or Zhou était considéré comme un proche allié de Jiang Zemin, lequel était aux manettes de l'Etat entre 1989 et 2002.

Mais après avoir officiellement quitté sa vie publique, Jiang a conservé --de l'avis des experts-- une forte influence au cours de la décennie suivante et la présidence (2002-2012) de Hu Jintao.

En février, un intriguant article posté en ligne par la Commission centrale d'inspection disciplinaire (CCID), le gendarme du Parti, avait déjà attiré l'attention.

Il abordait le cas de la corruption des princes mandchous à la fin de la dynastie impériale des Qing --un thème historique très éloigné de ses austères fonctions, et qui avait été perçu comme visant en réalité, par un jeu d'homonymie, Zeng Qinghong, ancien vice-président et bras droit de Jiang Zemin.

bur-jug/pt

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