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10/08/2015 09:13 EDT | Actualisé 10/08/2015 09:13 EDT

Canal D : Stéphane Gendron prépare sa mort

Courtoisie Investigation

Stéphane Gendron prépare sa propre mort. Loin d’être mal à l’aise ou apeuré devant la fatalité du trépas, l’animateur aborde le sujet de front dans le documentaire Mourir, qui sera présenté dans plusieurs festivals avant de terminer sa course avec une diffusion à Canal D quelque part à l’hiver ou au printemps 2016, dans la case de Docu-D.

Déjà, on souffle que Mourir, une réalisation d’Éric Blouin, produite par Attraction Images, est une œuvre poignante et extrêmement émouvante.

«Si tu ne brailles pas 50 minutes sur 90, tu ne brailleras pas pantoute, a assuré Stéphane Gendron, de son légendaire franc-parler. C’est vraiment intense.»

Gendron soutient que son film exposera la mort comme jamais elle n’a été montrée à l’écran.

«C’est ma propre mort, et celle de ma conjointe, dépeint l’ancien maire de Huntingdon. J’ai une hantise de la mort, ma propre mort, mais surtout celle de ma blonde, qui va aussi mourir un jour.»

«Moi, j’ai fait un pacte, enchaîne-t-il. J’ai déjà dit à ma conjointe : «Si jamais tu meurs avant moi, je me suicide». Pour moi, c’est clair, mon suicide est préparé, et on voyage à travers ça. Si je meurs avant, c’est correct, ça ne me dérange pas. Mais je ne serais pas capable de vivre sans elle. Même si je dois avouer que tout ça m’a fait faire une thérapie… Je ne sais plus trop.»

Toute la famille de Stéphane Gendron est impliquée dans ce troublant projet.

«On entre dans mon intimité, dans ma vie. On me suit dans ce parcours personnel. Ça commence au cimetière, quand j’ai enterré mon fils, qui est mort à la naissance, en 2000. Il est venu au monde et il est mort dans mes bras tout de suite après. On revit ça. Puis, je règle mes comptes avec mes parents. Mes enfants sont confrontés au fait que leur père va se suicider. C’est intense en hos… Je me ramasse en centre de soins palliatifs, où j’accompagne des gens qui vont mourir, jusqu’à la fin. À la fin, on prend le cadavre, on voit la personne qui est morte. Je rencontre aussi un jeune en début de vingtaine qui va mourir. C’est rough. C’est spécial. Je l’ai écouté 200 fois, et je braille encore. Et ce n’est pas parce que c’est moi…!»

La vie n’est rien

Le documentaire Mourir n’a absolument aucun lien avec le cercueil que le communicateur gardait jadis chez lui et qui avait fait couler beaucoup d’encre il y a quelques années ; Gendron affirme aujourd’hui que l’objet n’était en fait qu’une décoration d’Halloween.

«Même après tout ce temps, on m’en parle encore, s’esclaffe-t-il. On me demande si je dors encore dans mon cercueil (rires) Mais c’était une décoration, et je l’ai donnée dans une levée de fonds.»

La question s’impose inévitablement : Mourir est-il un portrait morbide ou glauque? Stéphane Gendron la contourne en s’attardant à la réflexion qu’a fait jaillir chez lui tout le processus.

«En faisant le film, je me suis dit que la vie, ça ne donne absolument rien. C’est mon constat. À part nos enfants, nos chums, nos blondes, le reste, c’est juste de la merde. Ce qu’on se dit, en ce moment, c’est de la merde. Ma carrière, c’est de la merde. Le building où on est en ce moment, c’est de la merde. Rien n’est important.»

«Moi, à tous les mercredis, je vais accompagner des gens en phase terminale, à la Maison Adhémar-Dion, à Terrebonne, raconte posément l’homme. On ne peut pas s’imaginer à quel point la vraie école, c’est là. Avec des gens qui vont crever dans cinq minutes, dans une heure, dans trois jours.»

«Ce documentaire, c’aura été ce que j’ai fait de plus beau», résume Stéphane Gendron.

Mourir sera entre autres projeté au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, du 31 octobre au 5 novembre, et aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), du 12 au 22 novembre prochain, avant d’être relayé à Canal D en 2016.

Stéphane Gendron animera par ailleurs la série Justice 360 dès l’hiver 2016, sur la chaîne Investigation.

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