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10/08/2015 10:53 EDT | Actualisé 10/08/2015 10:53 EDT

Uber fait campagne au Québec

Michel Aspirot/Radio-Canada

Répliquant à l'offensive de l'industrie du taxi contre Uber, les dirigeants de l'entreprise de covoiturage urbain contre-attaquent. Uber demande à ses usagers de talonner les politiciens québécois pour qu'ils légalisent leur service.

« II est temps de faire entendre votre voix pour vous assurer que Uber demeure à Montréal! », peut-on lire dans le courriel qu'Uber a fait parvenir à ses usagers montréalais ce matin. Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, invite ses clients à faire pression sur les politiciens de l'Assemblée nationale pour qu'ils régularisent la situation de l'entreprise au Québec.

« On a des centaines de milliers d'utilisateurs qui ont téléchargé l'application à Montréal, on a des milliers de partenaires-chauffeurs », explique M. Guillettte en entrevue à ICI RDI. « Ce que l'on veut, c'est qu'ils fassent entendre leur voix. »

« On veut qu'ils expliquent au gouvernement pourquoi ils utilisent Uber et comment Uber a changé leur vie. »

— Jean-Nicolas Guillemette

M. Guillemette soutient que des Montréalais ont abandonné leur voiture grâce à son service et que d'autres ont trouvé du travail en devenant chauffeur après avoir perdu leur emploi. Il souhaite que le gouvernement du Québec légifère pour légaliser les activités de son entreprise.

Sans taxe ni permis

Citant en exemple les avancées réalisées dans le dossier de l'hébergement illégal Airbnb, M. Guillemette réclame des aménagements législatifs afin de permettre l'activité de ses chauffeurs. « Le gouvernement est en train de revoir la réglementation dans l'hôtellerie pour accepter Airbnb, on souhaite que la même chose de fasse [dans l'industrie du taxi]. »

« On veut que le gouvernement crée un nouveau cadre réglementaire pour encadrer ce type de service. »

— Jean-Nicolas Guillemette

Uber refuse toutefois de verser des taxes sur les courses ou de payer des permis de taxi, une avenue que Airbnb a accepté d'emprunter. « Nous ne sommes pas une entreprise de taxi », réitère M. Guillemette en entrevue à ICI RDI. « Tous les chauffeurs-partenaires paient déjà des taxes, ils paient des impôts sur leurs revenus », plaide M. Guillemette. « Ils ne paient pas de permis de taxi, c'est un domaine qui est différent. »

M. Guillemette considère qu'Uber offre un service complémentaire qui ne concurrence pas l'industrie du taxi, mais l'utilisation de la voiture par un passager unique. Il compare son entreprise aux autres services de transport comme les vélos Bixi ou les véhicules de Car-2-Go, Communauto, le métro et l'autobus.

S'appuyant sur un jugement de la Cour supérieure de l'Ontario, qui stipule qu'Uber n'est pas un service de taxi traditionnel, M. Guillette soutient que l'entreprise est là pour rester. « C'est un mouvement de société [...], avance-t-il. Ce que l'on souhaite c'est de continuer à collaborer avec le gouvernement, créer une nouvelle entente et un nouveau cadre réglementaire. »

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Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, a toutefois clairement indiqué que le service Uber était illégal au Québec. Il a répété à maintes reprises que le service d'Uber constitue du transport illégal, car les citoyens qui se transforment en chauffeur de taxi n'ont ni permis de taxi, ni d'immatriculation commerciale. Le ministre craint aussi pour la sécurité des utilisateurs et affirme que des compagnies d'assurance lui ont fait part de leurs inquiétudes quant à la couverture des membres d'Uber en cas d'accident.

M. Poëti a réuni plusieurs intervenants de l'industrie du taxi afin de les enjoindre à moderniser leurs activités, notamment en rendant le paiement par carte de crédit ou bancaire obligatoire. Il souhaite ainsi que l'industrie du taxi coupe l'herbe sous le pied à la multinationale américaine.

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