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10/08/2015 18:59 EDT | Actualisé 10/08/2016 01:12 EDT

Cameroun/lutte contre Boko Haram: plus de 70 personnes interpellées chez un "marabout"

Au moins 72 personnes ont été interpellées chez un "marabout" lors d'une opération de police à Ngaoundéré, dans le nord du Cameroun, région où sévit le groupe islamiste nigérian Boko Haram, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

"La police a lancé une rafle samedi au quartier Haussa à Ngaoundéré", la capitale de l'Adamaoua (nord), au cours de laquelle 72 personnes "ont été arrêtées" chez un "marabout", a affirmé à l'AFP une source proche des services de sécurité.

Outre le "marabout", la police a découvert "17 Nigériens (dix femmes, un homme et six enfants) en situation irrégulière, 19 individus sans (papiers) officiels qui se présentaient comme des Camerounais et 35 autres personnes" de nationalité camerounaise, a-t-elle ajouté.

Selon cette source, "certains (...) portaient des chaînes aux pieds". Toutes ces personnes semblaient être retenues prisonnières par le "marabout" qui s'était donné pour mission de leur "enseigner le coran", a-t-elle poursuivi, précisant que les circonstances de leur présence dans ce lieu devaient encore être éclaircies.

Hormis les six enfants et deux adolescentes de 15 et 16 ans, la majorité étaient des adultes, selon la même source.

Une source policière a confirmé cette information, parlant d'une "école coranique" où de "nombreuses personnes" étaient "détenues comme des prisonniers par un marabout".

Ces personnes doivent désormais être entendues par les services de sécurité camerounais pour déterminer ce qui s'est réellement passé.

Les autorités camerounaises ont considérablement renforcé les mesures de sécurité après les cinq attentats-suicide attribués à Boko Haram qui ont frappé le nord du Cameroun au cours du mois de juillet, faisant une cinquantaine de morts.

Fouilles, perquisitions et arrestations se multiplient depuis quelques jours dans différentes villes du pays, afin de prévenir le risque de nouveaux attentats.

Le voile islamique intégral a également été interdit dans la région, certains kamikazes se servant de ce type de vêtements amples pour camoufler des explosifs.

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